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Portrait-minute (à  Apollinaire)
Portrait-minute (à Apollinaire)

samedi 7 mars 2020, 14h30

Salle Jean Epstein

14h30 → 15h25 (51 min)
Séance présentée par Philippe-Alain Michaud

La galerie et l’underground : le film d’artiste en France dans les années 1960

Au printemps 1968, Claude Givaudan ouvre, dans sa galerie au 201 Boulevard Saint-Germain à Paris, l’exposition « Films ». De mars à mai, y sont présentées les réalisations d’artistes américains et français, ou encore des films de cinéastes tels Jean-Luc Godard et Éric Rohmer. L’exposition met en avant une porosité entre le travail des artistes plasticiens qui s’emparent du film et la production cinématographique « d’auteur ». Dans ce jeu d’échange, le cinéma indépendant regarde le modèle de la galerie comme une alternative à la production classique. Simultanément, le film d’artiste, reproductible par définition, emprunte, avec l’édition d’artiste, la voie de la limitation artificielle.
En revenant sur cette période, le peintre Jacques Monory déclarera, à propos de son film Ex- : « je pensais que personne ne le verrait jamais. Mais à ce moment-là, l’underground est devenu à la mode, la galerie Givaudan a présenté ‘‘Des films à vendre’’, les musées se sont intéressés aux films de peintres… ». Monory, tout comme Martial Raysse, deux artistes dont la production fait un usage systématique d’images photographiques et de dispositifs photo-filmiques, figurent logiquement dans le catalogue des « films à vendre » édités par la galerie. Dans ce florilège d’images en mouvement, le film se révèle être également au service de la performance sonore de Bernard Heidsieck (dans le Portrait-minute délivré par Françoise Janicot et Renée Beslon). Daniel Pommereulle (qui avait par ailleurs côtoyé le cinéma d’auteur en jouant dans La Collectionneuse de Rohmer) apparaît pour sa part dans la liste avec son premier film court, One More Time ; il en réalisera un autre (Vite, en 1969) grâce au soutien de Sylvina Boissonnas (mécène qui aura produit, sous le label Zanzibar, les premiers films de Philippe Garrel et Jackie Raynal).
À travers les quatre films présentés dans cette séance s’esquisse une petite histoire de la production et de la circulation des images en mouvement produites par les artistes en France à la fin des années 1960. Ce sont précisément ces récits fragmentaires, qui se construisent aux marges de l’industrie cinématographique, que la collection film du Centre Pompidou vise à retracer.

Enrico Camporesi


Françoise Janicot, Bernard Heidsieck
France / 1968 / 4 min / 16mm

Jacques Monory
France / 1968 / 4 min / 16mm

Martial Raysse
France / 1967 / 9 min / 35mm

Daniel Pommereulle
France / 1969 / 34 min / 35mm

Avec Daniel Pommereulle, Charlie Urvois.

Filmé six mois après Fun and Games (For Everyone), l'auteur fait part de son désenchantement par rapport aux événements de Mai 68.