La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Jerzy Skolimowski réalise Travail au noir en réaction à la grave crise qui éclate dans son pays en décembre 1981. Le Parti communiste au pouvoir a instauré la loi martiale face à la montée du tout jeune syndicat Solidarność. Le cinéaste vit alors en exil à Londres. Il réunit chez lui quatre scénaristes qui doivent composer un récit à partir de ses indications. Il cherche un acteur pour le rôle principal, celui du contremaître Nowak. Il contacte Jeremy Irons. Le film devra se faire en quelques semaines car Irons est enthousiaste mais doit tourner un mois plus tard pour une autre production. Après une scène d'exposition à l'aéroport de Londres, Travail au noir se déploie dans un espace réduit, un quartier résidentiel de la ville. Trois ouvriers polonais et leur contremaître se trouvent coincés entre une maison à rénover, le supermarché voisin et quelques commerces du quartier. Dans ce petit périmètre, Skolimowski se livre à une réflexion subtile et complexe, amusée et douloureuse, sur le monde contemporain. Nowak et ses ouvriers sont coupés de leurs épouses ou familles, mais aussi du drame que traverse la Pologne. L'événement n'apparaît à Nowak que par les images froides de téléviseurs en vitrine. Il parle à une photographie de sa femme et l'imagine jusqu'à l'obsession dans les bras de son patron. Mais la petite troupe venue de l'Est fait aussi la découverte brutale de l'Occident : ses cadences de travail infernales (les accidents de chantier et les manipulations de Nowak), son individualisme radical (la mesquinerie des voisins londoniens), la prégnance de la surveillance et l'insécurité qu'elle engendre (les scènes récurrentes de vol à la supérette), une société où les individus se font tous concurrence.
Pauline de Raymond