Solidarité canicule
La Cinémathèque française ouvre gratuitement les portes de son Musée Méliès au public jusqu'au dimanche 28 juin inclus. Venez profiter de la fraîcheur du Musée Méliès et voyager à travers l’histoire du cinéma, de midi à 19h.
Avec Kinuyo Tanaka, Eitarō Shindō, Kyōko Kagawa.
Dans le Japon féodal, deux enfants sont arrachés à leurs parents et vendus comme esclaves à un tyran. Cruauté, souffrance, rédemption, et une mise en scène somptueuse qui vient porter la tragédie : après La Vie d'O'Haru et Les Contes de la lune vague..., Mizoguchi obtient avec L'Intendant Sansho un nouveau Lion d'or à Venise, qui l'installe au panthéon occidental. Son magnum opus, terriblement beau, voyage émotionnel dont la vision laisse exsangue, profondément, irrémédiablement bouleversé.
« Cher ami, je n'irai pas revoir L'Intendant Sansho à l'ouverture de la rétrospective Kenji Mizoguchi jeudi soir à la Cinémathèque. Je ne peux pas, pour cette fois, car à chaque nouvelle vision ce film me détruit. Mais si je bénéficie d'un tant soit peu de crédit auprès de toi, je te supplie d'y aller. C'est même la seule chose à faire. Car on pourrait vouer son existence à faire découvrir un film aussi terriblement beau – mais beau n'est peut-être plus le mot – aussi terriblement juste, sur l'horreur intolérable du réel écrasant la pauvre créature humaine, broyant le corps souffrant, avant que l'impensable de l'idée émancipatrice ne soit enfin pensé, énoncé, écrit et promulgué, comme une injure au possible. Tout ce que je peux te souhaiter, si tu ne l'as pas encore vu, c'est d'être à ton tour détruit par ce film. Car de cela naîtra forcément quelque chose de nouveau. De nouveau et d'entier. » (Mathieu Macheret)