En utilisant ce site, vous acceptez que les cookies soient utilisés à des fins d'analyse et de pertinence     Oui, j'accepte  Non, je souhaite en savoir plus
Le Mari de la femme à barbe
Le Mari de la femme à barbe

lundi 4 décembre 2017, 18h30

Salle Georges Franju

18h30 → 20h30 (120 min)

20 min

Discussion entre Serge Toubiana et Frédéric Bonnaud à l'occasion de la parution de son livre Le Temps de voir (Seuil, octobre 2017). À l'issue de la séance, à 20h30, Serge Toubiana signera son ouvrage à la librairie de la Cinémathèque.

« Ces textes constituent un ensemble animé d'un même sentiment et d'un même état d'esprit : des exercices d'admiration à l'égard de cinéastes et d'artistes qui ont nourri mon amour du cinéma. Et continuent de le faire. Critiquer et admirer relèvent d'un même exercice du regard. Tout au long des années postérieures à mon activité critique, je n'ai cessé de prendre le temps de voir. L'angle de vue a changé, il s'est déplacé car je ne vois plus les films – et ceux qui les font, les réalisateurs, ou qui y participent pleinement, les acteurs ‒ de la même manière. Je me situe désormais imaginairement à leur côté, je les accompagne. Cette attitude ou cette posture est née de mon long passage à la Cinémathèque française, de 2003 à 2015. » (Serge Toubiana)


Serge Toubiana est président d'Unifrance. Il a été critique aux Cahiers du cinéma et directeur de la Cinémathèque française. Il a publié plusieurs livres sur le cinéma, dont une biographie de François Truffaut, avec Antoine de Baecque (Gallimard, 1996). Ses derniers ouvrages : Les Fantômes du souvenir (Grasset, 2016), Les Bouées jaunes (Stock, 2018), L'Amie américaine (Stock, 2020).

Frédéric Bonnaud est directeur général de la Cinémathèque française.


Marco Ferreri
Italie-France / 1963 / 100 min / DCP / VOSTF

Avec Ugo Tognazzi, Annie Girardot, Achille Majeroni.

Antonio Focaccia découvre une jeune femme dont le corps et le visage sont couverts de poils. Il décide alors de l'exhiber dans une baraque foraine.

Elle est velue comme un singe. Lui, est cynique et roublard, d'une indéniable laideur morale. Deux monstres, interprétés par deux comédiens de très grande classe. Annie Girardot, drôle et tendre, émeut constamment sous son maquillage. Ugo Tognazzi, italianissime, interprète le parfait petit escroc. Il la séduit, l'épouse et en fait son gagne-pain. Mais un jour, la femme à barbe attend un enfant... Une intrigue pour laquelle il existe trois fins différentes. Celle du scénario original voulue par Ferreri, la plus morbide, présentée au Festival de Cannes en 1964, où le film est très mal accueilli : « indéfendable et abjecte ». Celle projetée dans les salles italiennes, une version censurée par le producteur Carlo Ponti, tandis que la copie française montre un troisième épilogue plus réconfortant. En 2017, la restauration de La Femme à Barbe permet de voir, l'une à la suite de l'autre, les trois fins alternatives. Quel que soit le degré de cruauté accordé au dénouement, Ferreri signe au final une satire sur les travers et les vices de ses contemporains et révèle au grand public son style anticonformiste, féroce et provocateur.


Restauration – montrant les trois fins alternatives – realisée par la Cineteca di Bologna et TF1 Studio en collaboration avec Surf Film, au laboratoire L'Immagine ritrovata (Bologna, Paris). Les deux fins alternatives de la version italienne ont été conservées par la Cineteca di Bologna. La Cinémathèque royale de Belgique a fourni la fin de la version « internationale ».