La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Restauré en 4K par l’Archive audiovisuelle nationale à Helsinki (KAVI) à partir du négatif caméra et du négatif son.
Ihmiset Suviyössä est adapté du roman de F. E. Sillanpää, lauréat du prix Nobel de littérature en 1939. On retrouve ses figures familières, issues du petit peuple de la Finlande rurale (petits propriétaires, servantes, métayers, flotteurs…). Comme dans beaucoup de films de Valentin Vaala, cette multiplicité des personnages, aussi pittoresques que tragiques, nourrit la narration qui, cette fois, va peu à peu se focaliser sur cette nuit d’été à la campagne autour d’une propriété familiale existant depuis trois cents ans (!). C’est d’ailleurs là aussi un motif récurrent dans la partie champêtre du cinéma de Vaala : la permanence d’une maison, d’une famille, l’apparence éternelle d’un coin de paradis jusqu’à ce que les destinées des uns et des autres soient bouleversées. Le film acquiert pratiquement une dimension mystique ou métaphysique quand la mort d’un homme est contrebalancée par une naissance quelques instants plus tard. Dès les premières images du film, on retrouve cette attention particulière de Valentin Vaala (et du chef opérateur Eino Heino) à filmer la nature (champs de blés, lacs, plaines) dans son frémissement le plus intense. Tout ce qui accroît l’impression de sensualité et de douceur d’une nuit d’été. Un baiser, un échange de regards, un rideau qui bouge à peine, le chant des hirondelles, la chaleur qui empêche parfois de dormir : le film fourmille de ces petits détails, totalement liés au récit.
Bernard Payen