Single Man

samedi 18 février 2017, 19h30

Salle Jean Epstein

19h30 21h20 (107 min)

Sun Xun
Chine / 2008 / 8 min / Numérique / VOSTF / Film inédit en France.

Inspiré d'un vieux billet de 5 yuans, le destin mystérieux d'une ville minière du nord-est.

Film inédit en France.


Coal Spell s’inspire d’un vieux billet de 5 yuans, qui racontait l’histoire de Fuxin, une vieille ville minière du nord-est de la Chine… Des tempêtes de sable apportent le chaos sur une ville mystérieuse et sombre. Au centre ville, d’énormes cheminées d’usine percent le ciel, émettant de la fumée noire qui bloque le soleil. On ne cesse d’entendre le beuglement des slogans politiques, qui engloutissent toute curiosité à l’encontre du monde extérieur. La ville est une prison où l’histoire est mise en cage comme un monstre brutal ou une bête féroce. Un jour, dans un bruit de crissement, une excavatrice soviétique est forcée de creuser dans le sol, empiétant progressivement sur le cœur de la ville…
C’est la monnaie du peuple ; le dessin n’est qu’une simple illustration.
Sun Xun


Un des artistes les plus prolifiques de sa génération, Sun Xun est né en 1980 à Fuxing, dans la province du Laoning. Après avoir étudié la gravure à l’Académie des Beaux-Arts de Chine à Hangzhou, il se consacre à l’animation et se met à réaliser des courts métrages à partir de dessins et peintures faits à la main avec des matériaux traditionnels (encre, toiles de soie, papier) et des objets trouvés (journaux, billets, affiches). En 2006 il fonde le studio d’animation Pi, qu’il déménage à Pékin en 2009. Il y a réalisé des douzaines de courts métrages d’animation, tout en continuant d’exposer ses peintures et ses installations dans des musées et des galeries d’art.


Sun Xun
Chine / 2006 / 5 min / Numérique / VOSTF / Film inédit en France.

Peinture à l'encre sur des journaux des années 50 et 60 : réflexion sur l'histoire chinoise.

Film inédit en France.


Quand on est en état de choc, la mémoire se vide. Le choc du temps, c’est le choc de l’histoire. Le film est composé de vieux journaux des années 50 et 60, qui rapportaient des moments importants de l’histoire de la Chine. Mais c’est une histoire à laquelle je me sens étranger ; pour moi elle se transforme en légende douteuse. Notre conception de l’histoire est fragmentaire, c’est comme un placebo, façonné par la passivité et la soumission. Derrière tout cela : des mensonges, des secrets, peut-être même une farce… L’histoire reflète notre manière de penser, non la manière d’être des choses.
Sun Xun


Un des artistes les plus prolifiques de sa génération, Sun Xun est né en 1980 à Fuxing, dans la province du Laoning. Après avoir étudié la gravure à l’Académie des Beaux-Arts de Chine à Hangzhou, il se consacre à l’animation et se met à réaliser des courts métrages à partir de dessins et peintures faits à la main avec des matériaux traditionnels (encre, toiles de soie, papier) et des objets trouvés (journaux, billets, affiches). En 2006 il fonde le studio d’animation Pi, qu’il déménage à Pékin en 2009. Il y a réalisé des douzaines de courts métrages d’animation, tout en continuant d’exposer ses peintures et ses installations dans des musées et des galeries d’art.


Single Man Guanggun'er
Hao Jie
Chine / 2010 / 94 min / DCP / VOSTF / Film inédit en France.

Avec Zhenjun Yang, Youzhong Liang, Chunying Liang.

Cette dérive affectueuse sur la vie sexuelle et affective de quatre papys célibataires dans un village perdu du Hebei, tournée avec des non-professionnels, révèle une Chine inconnue, ribaude, madrée, travaillée par le désir.

Film inédit en France. Prix spécial du jury (Festival FILMeX, Tokyo).


Perché dans les montagnes du Hebei, à 150 km de Pékin, le petit village de Gu Jia Gou compte plus d’hommes que de femmes. Certains font appel à des trafiquants pour acheter des mariées en provenance du Sichuan, d’autres sont condamnés au célibat. Tel est le cas des quatre papys dont Hao Jie raconte l’histoire. Le Vieux Yang, Gu Lin, Grosse-Tête et Liu Ruan aiment se retrouver pour fumer et papoter ensemble, se souvenir de leur jeunesse, et discuter des moyens de pouvoir satisfaire leurs désirs sexuels. Lao Yang est toujours amoureux d’Eryatou, dont les parents étaient opposés à leur mariage. Elle a fini par épouser le chef du village, mais file souvent en douce pour rejoindre son béguin de jeunesse derrière les fagots. Eryatou est une femme sensuelle, généreuse, avec beaucoup de sens pratique, et un besoin d’argent pour financer les études de son petit génie de fils. De là à échanger, avec bonhommie, ses faveurs contre des petits cadeaux de la part des autres célibataires, il n’y a qu’un pas. Cet équilibre érotique, où tout le monde trouve son compte, est menacé quand Gu Lin suggère au Vieux Yang que ce dont il a vraiment besoin, ce ne sont pas des amours furtives, mais une épouse bien à lui.
Single Man est le film de fin d’études de Hao Jie à l’Institut de Cinéma de Pékin. Né à Gu Jia Gou, il a fait appel aux gens de sa famille, aux voisins de son enfance, qui interprètent leurs propres rôles et dont la vie intime ne cesse de surprendre le spectateur. De plus, il truffe le film d’emprunts au riche folklore de la région (dont le er en tai, qui sera le sujet de son second long métrage, The Love Songs of Tiedan) – dépassant la simple farce villageoise pour dresser un portrait sensible, affectueux, ironique et juste, de ces hommes aux désirs invisibles.


Né en 1981 dans le Hebei, Hao Jie fut ce jeune homme qui fondit en larmes quand il apprit qu’il était le premier de son village à être admis à l’université. À l’Institut de Cinéma de Pékin, il réalise Single Man (2010), tourné avec une caméra numérique et presque entièrement avec des non-professionnels. Le second volet de sa trilogie, The Love Songs of Tiedan (2012) suit les amours contrariées d’un chanteur de musique traditionnelle er en tai. Avec le troisième volet, My Original Dream (2015), il épouse le parcours d’un jeune provincial découvrant sa vocation de cinéaste après avoir perdu la fille qu’il aimait.

Bérénice Reynaud