En utilisant ce site, vous acceptez que les cookies soient utilisés à des fins d'analyse et de pertinence     Oui, j'accepte  Non, je souhaite en savoir plus

vendredi 27 janvier 2017, 14h30

Salle Henri Langlois

14h30 → 16h30 (119 min)

Jacques Deray
France, Italie / 1968 / 119 min / DCP

Avec Alain Delon, Romy Schneider, Maurice Ronet, Jane Birkin.

Jean-Paul et Marianne forment un couple idéal et coulent des jours heureux dans leur villa de Saint-Tropez, jusqu'au jour où arrive Harry, accompagné de sa fille, l'incendiaire Pénélope.

« C’est d’abord une histoire d’amour, d’un amour en état de crise. Nous avons en présence deux couples : l’un, amant-maîtresse, l’autre, père-fille. Ils jouent pendant trois jours le jeu de l’amour et du mensonge. Et ce jeu aboutit à un meurtre » explique Jacques Deray.
Comme toujours chez le cinéaste, la réalisation est sobre, d’une rigueur assumée. Deray orchestre les retrouvailles à l’écran du couple Romy Schneider/Alain Delon, dans une mise en abyme qui alimentera abondamment la presse people. Les dialogues, rares, sont signés Carrière, et piquent là où il faut. Ce sont surtout les regards qui parlent, et entre chats et souris, on s’observe, prêt à bondir. Dans cette villa, située sur les hauteurs tropéziennes, l’air est malsain, vicié, entre tentations et jalousie mortelle. La piscine est le centre nerveux qui cristallise les passions, c’est là que les corps se montrent, lézardent, s’alanguissent. Le film prend alors des airs d’un roman de Sagan, auquel on aurait ajouté une pointe vénéneuse, mais surtout, évoque furieusement le Plein soleil de René Clément, tandem Delon/Ronet oblige. Le premier, Don Juan magnifique, promène ses aigreurs d’écrivain raté, face à un rival en miroir, modèle de réussite au sourire carnassier. Dans l’une de ses premières apparitions, Jane Birkin joue les ingénues avec talent, et Romy Schneider, dont le rôle fut d’abord proposé à Monica Vitti, Leslie Caron, Natalie Wood et Angie Dickison, est étincelante. Sa présence éclatante, et la lumière, la moiteur, omniprésentes, font de La Piscine un morceau de sensualité brute dont on sort groggy.