Solidarité canicule
La Cinémathèque française ouvre gratuitement les portes de son Musée Méliès au public jusqu'au dimanche 28 juin inclus. Venez profiter de la fraîcheur du Musée Méliès et voyager à travers l’histoire du cinéma, de midi à 19h.
Avec Keizo Kawasaki, Toyomi Karita, Bin Yagisawa.
Pluie de soucoupes volantes sur Tokyo d'où sortent d'étranges extraterrestres qui prennent forme humaine pour ne pas effrayer la population. Ils sont venus prévenir les humains qu'un affreux danger menaçait la Terre.
Les poissons ont déserté la baie de Tokyo.
– Sans doute à cause des ovnis.
– C'est aussi ce que je crois.
Le Satellite mystérieux, Kôji Shima, 1956.
Japon, fin des années 1950. Des employés de bureau en petits costumes gris se dirigent au rendez-vous habituel du soir, une modeste izakaya dans une ruelle, le tout filmé en pellicule Eastmancolor. Ce n'est pas Le Goût du Saké mais l'ouverture du Satellite mystérieux. Kôji Shima (1901-1986) est reconnu pour ses films populaires (L'Histoire de Jirô, Tokyo Follies), c'est un pillier de la Daiei. Son film de science-fiction est unique à sa façon, un mariage discret de film familial, de comédie musicale et d'inserts d'images atemporelles de cieux à la lunette de Kepler. On se met à rêver d'un film merveilleux perdu de Minnelli qui mêlerait SF et music-hall. Si le message anti-atomique reste bouleversant (en 1956, Little Boy et Fat Man sont présents dans toutes les mémoires japonaises et il faut rappeler aussi que Kôji Shima est né à Nagasaki), Le Satellite mystérieux brille par sa naïveté enfantine, à l'image de ses sympathiques et philanthropes extraterrestres.
Émilie Cauquy