La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Les poissons ont déserté la baie de Tokyo.
– Sans doute à cause des ovnis.
– C'est aussi ce que je crois.
Le Satellite mystérieux, Kôji Shima, 1956.
Japon, fin des années 1950. Des employés de bureau en petits costumes gris se dirigent au rendez-vous habituel du soir, une modeste izakaya dans une ruelle, le tout filmé en pellicule Eastmancolor. Ce n'est pas Le Goût du Saké mais l'ouverture du Satellite mystérieux. Kôji Shima (1901-1986) est reconnu pour ses films populaires (L'Histoire de Jirô, Tokyo Follies), c'est un pillier de la Daiei. Son film de science-fiction est unique à sa façon, un mariage discret de film familial, de comédie musicale et d'inserts d'images atemporelles de cieux à la lunette de Kepler. On se met à rêver d'un film merveilleux perdu de Minnelli qui mêlerait SF et music-hall. Si le message anti-atomique reste bouleversant (en 1956, Little Boy et Fat Man sont présents dans toutes les mémoires japonaises et il faut rappeler aussi que Kôji Shima est né à Nagasaki), Le Satellite mystérieux brille par sa naïveté enfantine, à l'image de ses sympathiques et philanthropes extraterrestres.
Émilie Cauquy