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Cet obscur objet du désir
Cet obscur objet du désir

jeudi 9 juin 2016, 21h45

Salle Henri Langlois

21h45 → 23h30 (105 min)

Luis Buñuel
France, Espagne / 1977 / 105 min / 35mm / VOSTF
D'après le roman La Femme et le pantin de Pierre Louÿs.

Avec Fernando Rey, Carole Bouquet, Ángela Molina.

Dans un train entre Séville et Madrid, Mathieu Fabert raconte à ses compagnons de route la passion déchirante qu'il a eue pour Conchita, jeune femme qui n'a cessé de se promettre à lui et de se dérober.

1976. Alors qu’il vient de refuser une proposition de figuration pour Woody Allen, Buñuel commence l’écriture d’un nouveau scénario avec Jean-Claude Carrière, une libre adaptation du roman de Pierre Louÿs, La Femme et le pantin. À 77 ans, partagé entre l’envie de prendre sa retraite au Mexique et de travailler une nouvelle fois avec ses amis Carrière et le producteur Silberman, le cinéaste va livrer son dernier film, au tournage plein de rebondissements. L’actrice Maria Schneider quitte le projet. Nouveau casting. Les toutes jeunes Carole Bouquet et Angela Molina passent les tests. Buñuel les trouve « formidables ». Qui choisir pour le rôle de Conchita, femme au double visage ?« Je prends les deux ». Le rôle sera donc interprété par deux actrices aux tempéraments très différents. Stupéfaction de l’équipe. Jean-Claude Carrière, lui, se souvient que l’idée avait déjà traversé l’esprit du vieux cinéaste lors d’une séance d’écriture, à l’heure de l’apéritif. Pour cette œuvre ultime, au sujet classique – un homme n’arrive pas à coucher avec la femme qu’il désire –, Buñuel livre subtilement un récit des plus osés, mêlant violence, tendresse et beaucoup d’humour. Une œuvre testamentaire.

« Il n’est plus possible aujourd’hui de scandaliser avec ce qui faisait scandale naguère. Ce qui est “obscène”, c’est-à-dire “à ne pas montrer”, ce fut autrefois le sexe et la violence. C’est actuellement le sentiment. Buñuel a une sorte de voyance. Il sent que ce sera le monde dans vingt ans. Quand il tournait Los Olvidados, il peignait la société sans pitié que nous connaissons. Avec Cet obscur objet du désir ne peint-il pas un monde à venir où règnera l’impossibilité d’aimer ? Il est en désaccord avec son temps, donc en avance sur lui et sans doute est-ce là son génie. » Jean-Claude Carrière (Le Progrès, 19/08/77)