La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Restauration 4K réalisée en 2020 à L’Image Retrouvée par la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé et la Cinémathèque française à partir du négatif original déposé par Pathé à la Cinémathèque. Musique composée par Benjamin Moussay et interprétée par Benjamin Moussay (piano), Louis Sclavis (clarinettes), Vincent Courtois (violoncelle) et Frédéric Norel (violon). Enregistrement et mixage par Léon Rousseau (L. E. Diapason).
Qui est coupable, l’assassin qui a reconnu son crime, ou la société qui a transformé cet enfant en délinquant malchanceux ? Avec ce deuxième film, le réalisateur s’interroge à travers la voix de l’avocat général. C’est toute la question de cette culpabilité (la sienne surtout, celle de la famille, du système judiciaire et de la rue) qui est posée lorsque la vie du jeune homme est retracée en flashback. Le film offre deux formes narratives opposées. La première annonce le cinéma d’André Antoine, dont les personnages déambulent dans un décor naturel avec de nombreuses scènes tournées en extérieur. C’est le Paris de la fin des années 1910, aux ruelles pavées et cabossées, la campagne aux portes de la capitale, la Seine traversée en bateau, les boutiques désuètes et la maison de redressement. L’autre partie du film se déroule dans un décor austère et sans aucun artifice. Le tribunal abrite le face-à-face entre l’accusé et ses juges. L’espace est clos, plongé dans l’obscurité. Seuls les visages et la gestuelle des acteurs traduisent la surprise, la colère et la tristesse. L’endroit pourrait s’apparenter à une scène de théâtre où le cinéma trouverait sa raison d’être : cadrer au mieux, avec la distance appropriée, l’expression des corps. Ce double langage a priori paradoxal reflète en réalité la réflexion artistique du cinéaste et homme de théâtre, qui s’interroge sur l’évolution des formes théâtrales séculaires, enfermées entre ces murs, et celles, en devenir, du cinéma en liberté.
Hervé Pichard