La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Marcel L'Herbier suggère à Louis Delluc l'adaptation de L'Inondation, drame de l'écrivain provençal André Corthis. Delluc tire parti de cette histoire imposée qui aborde ses thèmes de prédilection : le passé qui ressurgit, ici à travers l'apparition de Germaine (Ève Francis) jadis arrachée aux bras de son père (Edmond van Daële) par une mère frivole, la tromperie, la rivalité et la désillusion amoureuse, le sentiment d'abandon et la vengeance. Le tournage a lieu aux studios de Boulogne-sur-Seine, puis sur les bords du Rhône, alors très agité en raison des crues de La Durance. Les plaines sont inondées par les eaux, ce qui correspond parfaitement aux exigences du scénario, mais le froid hivernal et l'humidité constante dégradent la santé déjà fragile de Delluc. La présentation corporative rencontre un bon succès, et Abel Gance écrit à Delluc : « L'Inondation n'est pas loin d'être une manière de chef-d'œuvre. Il y a, en effet, un tel style personnel, une telle homogénéité dans le jeu et dans l'action, une telle qualité d'atmosphère, une telle couleur bleu ciel et cendre, que je ne puis résister au plaisir de vous écrire mon impression. Ce film est ponctué de silences qui sont de purs sanglots et la détresse en est si pleine et lourde que nos larmes sans tomber, retournent d'où elles venaient de sourdre pour que le chagrin soit plus enfoui et plus indélébile. » Louis Delluc n'assistera pas à la sortie le 9 mai 1924. Il est mort le 22 mars. — Samantha Leroy