La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Produit par l'INA pour sa collection de téléfilms d'auteur « Caméra je », L'Hypothèse du tableau volé puise sa matière dans l'esthétique artificielle et ésotérique des écrits de Pierre Klossowski, dont Raoul Ruiz venait tout juste d'adapter La Vocation suspendue pour la même série. Enveloppé dans l'apparence d'un film sur l'art d'un jansénisme télévisuel nimbé d'irréalité (le noir et blanc vaporeux de Sacha Vierny, imitant celui d'Alekan pour La Belle et la Bête), L'Hypothèse du tableau volé fait de l'obsession klossowskienne pour les tableaux vivants le cœur d'un dispositif de mise en scène où la voix du collectionneur (l'acteur Jean Rougeul en double fictionnel de l'écrivain) rejoue le déroulement de son enquête en circulant parmi une succession de temps figés, d'accessoires théâtraux, de corps hiératiques suspendus dans un geste, à la recherche du fin mot d'un secret peut-être innommable, et qui ne cesse en tout cas de se dérober. Exploration de la puissance de simulacre consubstantielle à l'image cinématographique, L'Hypothèse du tableau volé, très remarqué lors de sa présentation dans la sélection « Perspectives du cinéma Français » au Festival de Cannes (1978), ouvre la voie, au tournant des années 1980, à toute l'œuvre ruizienne à venir.
Nicolas Le Thierry d'Ennequin
Restauré en 2015 en 2K par l'INA, sous la supervision de François Ede, à partir du négatif original.