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samedi 6 février 2016, 19h00

Salle Georges Franju

19h00 → 20h35 (93 min)
Séance présentée par Stéphane du Mesnildot
En raison d'un problème technique, le film sera projeté dans une version non restaurée (copie 35 mm VOSTF d'époque)

Belladonna des tristesses
Kanashimi no Belladonna
Eiichi Yamamoto
Japon / 1973 / 93 min / 35 mm / VOSTF

Avec Tatsuya Nakadai, Katsuyuki Itô, Aiko Nagayama.

Jeanne, dans l'espoir d'obtenir vengeance, pactise avec le Diable après avoir été violée par le seigneur de son village. Métamorphosée par cette alliance, elle se réfugie dans une étrange vallée, la Belladonna...

Belladonna des tristesses d'Eiichi Yamamoto, adaptation de La Sorcière de Michelet, est une aventure graphique alors inédite dans le cinéma d'animation japonais, empruntant à l'Art Nouveau, à Gustav Klimt et Aubrey Beardsley mais aussi au Yellow Submarine de George Dunning. Ce véritable opéra-rock à la folle imagination s'inscrit dans la culture underground de l'époque, proche autant du baroque de Shuji Terayama que du cinéma pink de Koji Wakamatsu, qu'il rejoint par sa virulence révolutionnaire. Comme chez l'auteur de La Vierge violente, les tortures dont est l'objet la sorcière ne servent pas une apologie de la soumission féminine mais au contraire de sa libération. Inoubliable est ainsi la jouissance éperdue de la sorcière, engloutie dans l'ombre gigantesque du prince des ténèbres (auquel le mythique Tatsuya Nakadai prête sa voix) qui se dilate et se contracte autour de son corps blanc. Avec sa cohorte de femmes brûlées, torturées ou crucifiées de peur que leur puissance ne renverse la domination masculine, Belladonna respecte à la lettre le caractère visionnaire et féministe du livre de Michelet.

Stéphane du Mesnildot