La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Le premier long métrage de Marco Bellocchio est entièrement autoproduit et réalisé avec l'aide de ses camarades rencontrés au Centro Sperimentale di Cinematografia de Rome. Le réalisateur a tourné, dans la maison de son enfance un film intimiste sur une famille bourgeoise de province dont il dresse un portrait féroce. Il s'est inspiré de son frère pour écrire le personnage d'Alessandro, adolescent en rupture avec sa famille autant qu'avec la société, qui accomplira l'acte fatal et irréversible. Les espaces sont resserrés, la caméra proche des acteurs, Bellocchio plonge à l'intérieur de la famille pour mieux la faire exploser. L'influence de la Nouvelle Vague française et de Pasolini est visible, notamment grâce à un noir et blanc profond, très contrasté (que permet de retrouver la nouvelle restauration), dû à la meilleure pellicule de l'époque, la DuPont, et à la construction du récit. Ennio Morricone signe la bande originale, déjà consacré pour la musique de Pour une poignée de dollars (1964) ; il s'est investi dans le projet du jeune cinéaste après avoir vu une première version muette. Immédiatement repéré par la critique, le film, au casting international, est un succès, et Bellocchio apparaît – avec Bernardo Bertolucci – comme le chef de file de la nouvelle génération post-néoréalisme.
Agathe Debary
La numérisation et la restauration ont été réalisées par la Cineteca di Bologna, à partir des éléments originaux, en 2015 au laboratoire L'Immagine Ritrovata, avec le soutien de Giorgio Armani et l'aide de Kavac Film.