Introduction à l'oeuvre suédoise de Victor Sjörström et Mauritz Stiller. Conférence de Jon Wengström

jeudi 4 février 2016, 16h00

Fondation Jérôme Seydoux Pathé Hors les murs

16h00 16h30 (30 min)

À la fin des années 1910, le cinéma muet suédois est devenu un des plus important dans le monde, grâce en partie aux riches portraits psychologiques et au jeu subtil des acteurs, aux décors naturels assimilés dans le drame et le haut niveau de compétence des techniciens du studio Svenska Biografteatern (ultérieurement Svensk Filmindustri). La programmation présente certaines oeuvres majeures rescapées de Victor Sjöström et Mauritz Stiller dans leurs récentes versions restaurées en argentiques et numériques.

A la suite de la conférence, projection de Terje Vigen de Victor Sjörström.


Jon Wengström est directeur des collections films du Svenska Filminstitutet depuis 2003. Auparavant, il a été directeur de la programmation au Institute's Cinemateket de 1996 à 2003. Il est aussi membre du comité exécutif de la FIAF depuis 2013.


Victor Sjöström
Suède / 1916 / 56 min / 35mm / INT.FR

Avec Victor Sjöström, August Falck, Edith Erastoff.

Norvège, début du XIXe siècle. La famine sévit. Un pêcheur téméraire tente de gagner le Danemark pour trouver de quoi nourrir sa famille. À son retour, il est fait prisonnier par un navire anglais.

Le film est adapté du poème éponyme de Henrik Ibsen, une œuvre de 1862 devenue célèbre en Norvège au début du XXe siècle, alors que le pays se détache de la tutelle suédoise. Terje Vigen marque un tournant dans la carrière de Victor Sjöström et une nouvelle manière de produire pour la Svenska Biografteatern, dirigée par Charles Magnusson, qui alloue au cinéaste des moyens financiers et un temps de tournage importants. Celui-ci se déroule d'août à novembre 1916 dans l'archipel de Stockholm, où Sjöström avait réalisé l'année précédente Les Vautours de la mer. En Suède, le film est un succès critique et public. Du fait de la guerre, il ne sort aux États-Unis qu'en 1920 ; enthousiaste, la critique demande la venue de Sjöström à Hollywood. Le cinéaste use d'une construction complexe, faite d'allers et retours dans le temps, d'ellipses brutales et d'effets de symétrie ; le film est aussi porté par des images épurées, délicatement éclairées, où la mer, tantôt placide et tantôt déchaînée, exprime la complexité des sentiments de Terje et sa part d'ombre.

Pauline de Raymond


Restauré en 2015 par le Svenska Filminstitutet à partir d'une copie nitrate teintée, avec intertitres en allemand, déposée par le BFI. Les intertitres originaux ont été insérés dans le nouveau négatif, dont une copie Desmet a été tirée, utilisant les couleurs de la copie nitrate comme référence.