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Verhoeven par Verhoeven : une leçon de cinéma
Verhoeven par Verhoeven : une leçon de cinéma

samedi 6 février 2016, 14h00

Salle Henri Langlois

14h00 → 17h20 (197 min)

Paul Verhoeven
Pays-Bas / 1980 / 122 min / DCP / VOSTF

Avec Rutger Hauer, Renée Soutendijk, John Van Tongeren.

Près de Rotterdam, trois amis unis par une passion du motocross voient leurs vies basculer lorsque Fientje, vendeuse de frites vivant dans sa roulotte, s'installe dans leur petite ville.

« Je déteste provoquer gratuitement. Tous les actes montrés dans le film, même les plus ignobles, ont leur raison d'être. Je ne cherche ni à dramatiser, ni à édulcorer. (...) Si c'est vrai, je le filme et je le filme comme ça se fait. (...) La vie réelle, quoi ». Spetters (« beaux gosses », mais aussi « éclats de boue » en néerlandais), quatrième film réalisé par Verhoeven, déclenche à sa sortie un véritable tollé critique qui amorcera le départ du cinéaste pour les États-Unis. Le scénario ayant été rejeté par la commission d'attribution des subventions d'État, Verhoeven est contraint d'en proposer une version édulcorée pour financer son film. Mais c'est la version originelle qu'il choisit de tourner, s'attirant ainsi les foudres de la commission et de la critique qui dénoncent le portrait négatif d'une société hollandaise présentée comme décadente et pervertie. Un comité national anti-Spetters se constitue, distribuant aux spectateurs des tracts dénonçant son prétendu caractère anti-femmes, anti-gays et anti-handicapés. À travers une forme d'une grande crudité, Verhoeven s'attache à ausculter le refoulé d'une sociale-démocratie autoproclamée exemplaire, sa violence et sa vulgarité, dans un geste aussi cruel que généreux avec ses jeunes personnages.

Caroline Maleville


75 min

« Beaucoup des idées que vous voyez dans mes films sont très intuitives. Les choses s'expriment d'elles-mêmes par le simple fait que vous montrez dans un film, sans même le vouloir, la personne que vous êtes. Si on était entièrement conscient de toutes les décisions qu'on prend quand on fait un film, ça ne serait plus tout à fait de l'art. Ce serait un pur jeu intellectuel. Je n'essaie pas de prouver quoi que ce soit. La manière donc je procède est beaucoup plus organique. » (« L'Ironie est un art perdu », entretien avec Paul Verhoeven, Cahiers du cinéma n° 715, octobre 2015)

Rencontre animée par Jean-François Rauger.


Paul Verhoeven est cinéaste.

Jean-François Rauger est directeur de la programmation de la Cinémathèque française.