Psychose

dimanche 19 juillet 2009, 17h00

Salle Henri Langlois

17h00 18h45 (105 min)

Psychose Psycho
Alfred Hitchcock
États-Unis / 1959 / 109 min
D'après le roman Psycho de Robert Bloch.

Avec Anthony Perkins, Vera Miles, Janet Leigh, John Gavin.

Marion Crane disparaît mystérieusement alors qu'elle tentait de s'enfuir avec quarante mille dollars volés. Le dernier lieu où elle a été vue est un motel tenu par un certain Norman Bates.

Nouvelle restauration 4K rallongée de 13 secondes inédites : des images de Marion enlevant son soutien-gorge, des plans plus longs de Norman nettoyant le sang de ses mains, et Arbogast poignardé quatre fois au lieu de deux. Images additionnelles en provenance de la société allemande Turbine Media, issues d'un élément argentique néerlandais.


Le plus grand succès commercial d’Alfred Hitchcock fut, à l’origine, un pari risqué, une de ces expérimentations que tentait parfois le maître du suspense, surprenant ainsi public et critiques, déboussolés de ne pas toujours le trouver à l’endroit il était attendu. Fin des années 1950 : la grande forme hollywoodienne s’étiole, défiée par la recherche de stimulations plus intenses du spectateur, celles que proposait un certain cinéma de genre à petit budget. Hitch, après le succès de cette prestigieuse synthèse de son art que fut La Mort aux trousses, effraie son entourage en projetant l’adaptation d’un roman pulp de Robert Bloch, une hallucination horrifique fantasmée sur les meurtres du tueur en série Ed Gein. Lew Wasserman, son agent et producteur, se débrouille pour faire produire le film directement par la compagnie créée par Hitchcock pour sa série télévisée. La genèse et le tournage se font dans le doute et l’incertitude. « Ce sera un bide ou un énorme succès » aurait dit Bloch. Dans un noir et blanc de fin du monde, au son des riffs de violons stridents de Bernard Herrmann, une jeune femme s’enfonce dans les ténèbres, victime du hasard pur et de l’insensé de l’existence, alors qu’un fils à maman reproduit dans le sang le lien incestueux qui l’unissait à son abjecte génitrice. Car Psychose ne raconte qu’une histoire : celle d’une mère qui ne veut pas mourir et d’un enfant qui ne peut pas naître. Comme il fallait s’y attendre, Psychose décontenança la critique, toujours en retard à quelques remarquables exceptions près, mais terrorisa et enthousiasma massivement un public qui, très certainement mais peu importe, n’eut pas forcément conscience que le cinéma ne serait plus jamais comme avant.

Jean-François Rauger