Qui donc a rêvé ?

samedi 25 septembre 2010, 17h30

Salle Georges Franju

17h30 18h55 (82 min)

Robert Frank, Alfred Leslie
Etats-Unis / 1958 / 27 min

Liliane de Kermadec
France / 1965 / 25 min

Avec Delphine Seyrig, Roger Blin.

Interrogée à la télévision en 1975, Liliane de Kermadec répondait à l'éternelle question sur la définition du cinéma de femmes : « En tant que femme, je cherche mon identité. En tant que cinéaste, je cherche mon langage. » Traversée par un discours féministe, l'œuvre de Liliane de Kermadec n'a effectivement cessé d'être le théâtre de ses expérimentations. Qui donc a rêvé ?, son deuxième court métrage sorti en 1965, en est l'une des illustrations les plus audacieuses formellement. Ce film expérimental, tourné dans un noir et blanc onirique, est inspiré de De l'autre côté du miroir de Lewis Carroll. La jeune héroïne, une Alice en quête de pouvoir, croise Delphine Seyrig, qui incarne une reine blanche, et pourtant vulnérable. Qui donc a rêvé ? marque par sa virtuosité esthétique et ses mouvements de caméras hypnotiques, qui nous plongent dans ce rêve. La couleur rouge y surgit même quelques instants, par surprise. Si Liliane de Kermadec a toujours abordé avec nuance l'émancipation féminine dans sa filmographie, Qui donc a rêvé ? n'y échappe pas. La jeune Alice accède finalement au rang de reine, et n'est ramenée à son apparence physique seule qu'une fois couronnée. Delphine Seyrig l'acclame d'une multitude de « Que vous êtes belle ! », ironiquement prononcés par l'une des voix du féminisme. La fièvre du film terminée, nous restons finalement avec ces questions : quelle est la source de notre imaginaire, et surtout, « qui donc a rêvé ? »

Zoé Richard


Philippe Collin
France / 1970 / 29 min