Solidarité canicule
La Cinémathèque française ouvre gratuitement les portes de son Musée Méliès au public jusqu'au dimanche 28 juin inclus. Venez profiter de la fraîcheur du Musée Méliès et voyager à travers l’histoire du cinéma, de midi à 19h.
Avec Jean-Paul Belmondo, Emmanuelle Riva, Irène Tunc.
Sous l'Occupation, une jeune femme communiste provoque un prêtre dont l'intelligence et la foi troublent peu à peu ses certitudes politiques et sentimentales. En adaptant le roman de Béatrix Beck, Melville façonne un film d'une grande modernité formelle, porté par une mise en scène acérée et une narration elliptique nouvelle. De la résistance à la tentation de la collaboration, Emmanuelle Riva et Jean-Paul Belmondo imposent un duo magnétique plongé dans les tourments moraux de l'époque.
C'est à la vision d'Hiroshima mon amour d'Alain Resnais (1959) et de Classe tout risques de Claude Sautet (1960) que les choix d'Emmanuelle Riva et de Jean-Paul Belmondo apparaissent comme une évidence à Jean-Pierre Melville pour incarner les personnages de Léon Morin, prêtre. En adaptant le roman de Béatrix Beck, le jeune prêtre (qui n'est pourtant pas le personnage principal) s'impose au cinéaste qui souhaite développer l'idée de l'impossibilité de la conversion. La mise en scène acérée et la narration elliptique et innovante font ressortir les tensions historiques, philosophiques et sentimentales du récit. Melville, qui a rallié la France libre en 1942, n'a cessé ensuite d'interroger cette période. Après Le Silence de la mer (1947), et avant L'Armée des ombres (1969), il propose avec Léon Morin, prêtre un regard personnel sur la complexité de l'Occupation. Empreint d'humour, le film aborde la question de la foi et de la résistance face à la tentation de la collaboration.
Annabelle Aventurin