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jeudi 21 janvier 2016, 19h00

Salle Henri Langlois

19h00 → 20h25 (83 min)

Marguerite Duras
France / 1972 / 83 min / 35mm

Avec Jeanne Moreau, Lucia Bosè, Gérard Depardieu.

Enfant difficile, Nathalie est renvoyée de l'école. Dans l'attente de son départ en pension, sa mère s'inquiète, s'interroge et déambule dans la grande maison, en compagnie d'une amie.

« On croit toujours qu'il faut partir d'une histoire pour faire du cinéma. Ce n'est pas vrai. Pour Nathalie Granger, je suis partie complètement de la maison. » 1972, Marguerite Duras tourne dans sa propriété de Neauphle-le-Château. Un espace domestique, apparemment paisible et rassurant, filmé en noir et blanc. Le chat passe de la lumière à l'obscurité. Tout est contraste. Carrelage en damier, portes ouvertes, recoins sombres, miroirs et baie vitrée. Isabelle, la brune Lucia Bosè, passive et pensive, s'assied au piano, essaye de jouer, n'y arrive pas. Son amie, la blonde Jeanne Moreau, fume, se lève, allume un feu dans le jardin. C'est elle qui donne l'élan, rapièce, essuie la table, fait la vaisselle. Des gestes, en temps réel, qui annoncent ceux de Jeanne Dielman de Chantal Akerman. Mais ici la tension vient surtout de l'extérieur. Un fait-divers sanglant entendu à la radio. Les actes violents de la fillette rapportés par la directrice d'école. Démunie, sa mère erre et sombre dans un mutisme douloureux. Le silence est parfois rompu. Une sonnerie de téléphone, un feu qui crépite ou l'intrusion incongrue d'un représentant de machine à laver (tout jeune et génial Depardieu). Mais aussi les leçons de piano et les gammes gauchement répétées de Nathalie. Ces notes de musique, qui ponctuent le film, sont la seule expression de cette enfant en révolte dont on ne perçoit rien. Et pour sa mère, il ne lui reste à présent que cela. « Si elle ne fait pas la musique, elle est perdue ».