La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Après la terre (Duel, 1971) et la mer (Les Dents de la mer, 1975), le ciel. À trente ans, le plus jeune de la bande du Nouvel Hollywood décroche un budget de vingt millions de dollars chez Columbia et signe un film qui bat tous les records de recettes, surpassant Le Parrain de Francis Coppola, avant de s'incliner face à La Guerre des étoiles de George Lucas. Les extraterrestres débarquent sur Terre, en plein cœur des États-Unis. Les objets se révoltent, animés par des forces obscures : rencontre du premier type. Des soucoupes volantes sont aperçues : rencontre du deuxième type. Une approche est organisée avec les extraterrestres : rencontre du troisième type. Pendant les années 1950 les ovnis étaient inquiétants, menaçants, envahisseurs. Les États-Unis redoutaient tout ce qui venait d'ailleurs. En 1977, en pleine Amérique de Jimmy Carter, nous quittons le champ du rêve pour entrer dans celui de la science, de la religion, de la technologie et du possible. Avec Steven Spielberg qui, fasciné par 2001 : l'odyssée de l'espace, fait appel à son chef des effets spéciaux Douglas Trumbull, ainsi qu'à François Truffaut en tant qu'ambassadeur humaniste, le possible devient probable, et le probable certain. Nous sommes main dans la main face à l'évidence : les extraterrestres arrivent et sont nos amis. Naïf et féérique, Rencontres du troisième type nous apprend à ne pas grandir. C'est un miroir tendu par son réalisateur à toute une génération pour qui la contreculture commence avec Mickey Mouse. Mais c'est en croyant à l'incroyable que l'on transcende sa condition humaine. Plutôt qu'aux extraterrestres, croyons au cinéma.
Arthur Avisseau