La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Inspiré du polar hongkongais Infernal Affairs réalisé en 2002 par Andrew Law et Alan Mak, Les Infiltrés suit les parcours de deux jeunes adultes, un mafieux et un policier, le premier infiltré dans la police de Boston, l'autre dans la mafia irlandaise. D'une heure de plus que sa référence matricielle, le film, thriller stylisé à l'intrigue implacable, est pourtant davantage une étude de caractères, ceux des personnages et de la société dans laquelle ils évoluent. Rob Legato intervient au titre de réalisateur seconde équipe et superviseur des effets visuels, au fait des enjeux du travail avec Scorsese : « faire correspondre sa vision à ce qui peut réellement être réalisé ». Ainsi, les scènes de fusillades, mais surtout la mise en scène des éléments de technologies (rôle essentiel des écrans : téléphones portables, vidéo-surveillance, ordinateurs), outils dont la vie même des protagonistes va à un moment ou à un autre dépendre. Le film souligne la sensation de fragilité non seulement des hommes mais aussi des institutions qu'ils composent. D'un point de vue moins spectaculaire, la présence du rat (filmé sur fond vert), en avant de la vue du Capitole de Boston, généralise le questionnement de la loyauté dans un univers de méfiance où tout le monde peut trahir tout le monde. Avec le choc suprême de l'infiltration par la mafia d'une institution présumée incorruptible et pourtant potentiellement infestée de rongeurs, le film montre la trahison comme institution.
Matthieu Grimault