Coup de cœur

samedi 31 janvier 2015, 13h30

Salle Henri Langlois

13h30 16h35 (182 min)

182 min

Francis Ford Coppola reviendra sur son parcours dans les années 1980, période de bascule et de réinvention permanente.

De retour de l'éprouvant tournage d'Apocalypse Now, galvanisé par son succès, Coppola décide de donner un nouveau tournant à sa société de production American Zoetrope. Il salarie ses collaborateurs et devient le maître de toute la chaîne de production, recréant ainsi un système semblable à celui des studios des années 1940. La réalisation de Coup de cœur doit porter ce changement. Un budget colossal est déployé pour cette fresque musicale où le réalisateur trouve un usage original au tout récent Steadicam. Mais c'est surtout l'occasion d'opérer la révision complète des méthodes de tournages. Coppola visionne les images en direct sur des moniteurs, les compare, et anticipe la phase de montage sur ordinateur : l'avènement de l'image électronique est advenue. L'échec financier du film est retentissant et force Coppola, endetté, à fermer ses studios. Son parcours dans les années 1980 sera entièrement façonné par le destin d'American Zoetrope.


Frank Scheffer et Paul Cohen
Etats-Unis / 1980

Coup de cœur One from the Heart
Francis Ford Coppola
États-Unis / 1982 / 107 min

Avec Nastassja Kinski, Frederic Forrest, Teri Garr, Raúl Juliá.

À Las Vegas, le soir de la fête de l'Indépendance et de leurs cinq ans de vie commune, Hank et Frannie se séparent.

Après une décennie 1970 tumultueuse mais couronnée de succès, Francis Ford Coppola, oscarisé pour Le Parrain et sa suite, titulaire de deux Palmes d'or pour Conversation secrète et Apocalypse Now, tente en 1980 un pari totalement fou. Il rachète le site de la Hollywood General, y déménage sa compagnie Zoetrope et décide de monter un studio à la manière de ce qui se faisait dans les années 1930 en salariant à temps plein une armée de collaborateurs incluant tous les corps de métier liés au cinéma. Contrôlant toute la chaîne de production, Coppola met en chantier un premier film qui sera l'acte de naissance de cette nouvelle structure : Coup de cœur. Plutôt que de filmer sa romance musicale on location à Las Vegas, il choisit délibérément l'artificialité, fait recréer la ville en studio avec d'énormes décors grandeur nature, et s'initie à de nouvelles techniques. Il dirige l'essentiel du film depuis un camion régie en faisant doubler, live, toutes les prises en vidéo, et s'essaie au montage virtuel. Pour mettre en valeur ses décors démesurés et grandioses, capter l'énergie des chorégraphies et suivre ses personnages au plus près de leurs émotions, Coppola fait appel à Garrett Brown et son Steadicam, qui offrent à son regard une liberté de mouvement totale. Laminé par une campagne de presse qui, bien avant la sortie, dénonce déjà l'explosion du budget du film, Coup de cœur est un échec commercial cuisant pour Coppola qui mettra, dit-il, vingt ans à en éponger les dettes.

Olivier Gonord