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mercredi 20 mars 2013, 19h30

Salle Georges Franju

19h30 → 20h50 (80 min)

Luis Buñuel
France / 1930 / 63 min / 35mm

Avec Lya Lys, Gaston Modot, Max Ernst, Pierre Prévert.

La force du désir éprouvé par un couple bouscule et renverse l'ordre social.

Coécrit par Luis Buñuel et Salvador Dalí, L'Âge d'or est considéré comme l'un des sommets du surréalisme et fut interdit de projection du moment de sa sortie en 1930 jusqu'en 1981.

« C’est un film que j’ai vu très tard, dans le courant des années 1960, pour la raison qu'il était interdit. N’empêche que, avant même de l’avoir vu, il était pour moi le plus grand film au monde. Avec le recul, je pense que c’est parce que se rejoignaient en lui mon goût pour le cinéma et un intérêt très vif pour ce qui touchait au surréalisme. Ce film, on en parlait beaucoup, mais les seuls à l’avoir vu étaient ceux qui étaient présents à la fameuse projection du Studio 28, en 1930. J’avais beaucoup lu à son sujet. Des photos circulaient. Lorsque enfin j’ai pu le voir, c’est peu dire que je n’ai pas été déçu. J’ai eu le sentiment de retrouver un film que j’avais déjà vu, alors que je l’avais imaginé à partir des images et des témoignages que je connaissais. C’est un film que j’ai compris immédiatement. Un film transparent. Qui ressemblait complètement à Buñuel, je m’en suis aperçu dès la première projection. Buñuel, que j’avais rencontré peu auparavant, avait ce caractère abrupt ; il n’expliquait rien, ne justifiait rien. Je pense par exemple à cette séquence où on voit un type armé d’un fusil tirer sur un gosse qui s’amuse au fond d’une prairie. » André S. Labarthe

« Ce que je prétends faire par les films, c’est inquiéter, violenter les règles d’un conformisme qui veut faire croire aux gens qu’ils vivent dans le meilleur des mondes possibles. » Luis Buñuel


La restauration 4K a été menée par la Cinémathèque française et le Centre Pompidou, MNAM-CCI / Service du cinéma expérimental, grâce au soutien de Pathé et de la maison de champagne Piper-Heidsieck, mécènes de la Cinémathèque française. Les travaux ont été réalisés au laboratoire Hiventy pour l'image et au studio L.E. Diapason pour le son à partir des négatifs nitrate image et son d'origine et des éléments de sauvegarde.


Luis Buñuel
France / 1929 / 17 min / 35mm

Avec Pierre Batcheff, Simone Mareuil, Salvador Dalí.

Il était une nuit, au son du tango argentin...

Figueras, fin des années 20. Deux amis, à l’imagination bouillonnante, se racontent leurs derniers rêves. L’un a senti des fourmis lui dévorer le creux de la main. L’autre a vu passer un nuage effilé devant la lune et un rasoir lui trancher l’œil. Buñuel et Dalí décident d’en faire un film. À la manière de l’écriture automatique des surréalistes, ils esquissent un scénario, se laissant porter par les libres associations : « La femme s’empare d’une raquette de tennis pour se défendre de l’homme qui veut l’attaquer ; celui-ci regarde alors autour de lui cherchant quelque chose et (Buñuel demande à Dalí) : Qu’est-ce qu’il voit ? – Un crapaud qui vole. – Mauvais ! – Une bouteille de cognac. – Mauvais ! – Bon, je vois deux cordes. – Bien, mais qu’est-ce qu’il y a derrière ces cordes ? – Le type les tire et tombe parce qu’il traîne quelque chose de très lourd. – Ah, c’est bien qu’il tombe. – Sur les cordes, il y a deux gros potirons séchés. – Quoi d’autre ? – Deux frères maristes. – Et ensuite ? – Un canon. – Mauvais ; il faudrait un fauteuil de luxe. – Non, un piano à queue. – Très bon, et sur le piano, un âne… non, deux ânes putréfiés. – Magnifique ! C’est-à-dire que nous faisions surgir des images irrationnelles, sans aucune explication. » Un chien andalou était né.