Cinéma bis

Ouverte depuis toujours à toutes les expériences cinématographiques, la Cinémathèque française consacre une programmation régulière à ce que l’on appelle le cinéma-bis, dénomination sans doute imprécise qualifiant un cinéma, souvent cantonné dans des salles de quartier, et qui n’eut pas, pendant longtemps, les faveurs de la critique officielle et des instances académiques de légitimation. Mais la cinéphilie est une émotion insaisissable, qui a toujours vu dans certaines productions dites d’exploitation, dans certaines catégories marginales de films, la matière d’un ennoblissement paradoxal, s’y offrant la possibilité de découvrir des auteurs méconnus et d’assister à des expériences esthétiques singulières, impensables ailleurs. Celles que promettent ce que l’on désigne comme des genres cinématographiques mineurs. Le péplum, le cinéma d’horreur, le western italien, le film d’arts martiaux hongkongais, le giallo transalpin, la science-fiction bon marché, les délires érotiques d’un Jess Franco et tant d‘autres formes cinématographiques sont des laboratoires où s’est inventé un art de la mauvaise pulsion, un cinéma post-hollywoodien subversif et insolent, naïf et sophistiqué à la fois. Un art à la fois cérébral et instinctif. Une poésie des extrêmes.