Dialogue avec Bernard Eisenschitz animé par Bernard Benoliel

« Un double drame, dans les années 1930, divise pour toujours la vie de Douglas Sirk : la séparation forcée d'avec son fils, devenu acteur enfant en Allemagne nazie, qu'il lui est interdit de voir sinon à l'écran ; et l'antisémitisme subi par sa femme, qui les amène en 1937 à choisir un autre drame : l'émigration. Puis vient, en temps de guerre, l'isolement dans la communauté hollywoodienne de l'exil. Sans être "autobiographiques", les films de Sirk, particulièrement Le Temps d'aimer et le Temps de mourir, reflètent le parcours de vie d'un cinéaste voué aux déchirements. »
Bernard Eisenschitz

« Ceux qui n'ont pas vu ou aimé Liselotte Pulver courir sur la berge […], se baisser brusquement pour passer sous une barrière, puis se redresser, hop, d'un coup de reins, ceux qui n'ont pas vu à ce moment la grosse [caméra] Mitchell de Douglas Sirk se baisser en même temps, puis, hop, se redresser du même et souple mouvement de jarret, et bien ! ceux-là n'ont rien vu, ou alors, ils ne savent pas ce qui est beau. »
Jean-Luc Godard, Cahiers du cinéma, avril 1959


Bernard Eisenschitz est traducteur et historien du cinéma. Auteur de nombreux ouvrages (Roman americain : les vies de Nicholas Ray, Fritz Lang au travail, Gels et dégels : une autre histoire du cinéma soviétique...), il vient de publier aux Éditions de l'œil Douglas Sirk, né Detlef Sierck.

Bernard Benoliel est directeur de l'action culturelle et éducative à la Cinémathèque française.