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Doris Wishman, reine de la sexploitation
C'est à une figure féminine scandaleusement oubliée de l'Histoire officielle du septième art, une figure importante du cinéma d'exploitation américain des années 1960 aux années 1990 qu'est consacrée cette soirée de cinéma bis dans le cadre de laquelle seront présentés deux de ses meilleurs films.
Doris Wishman est née le 1er juin 1912 à New-York de parents immigrés juifs ukrainiens. Elle débute dans l'industrie cinématographique en travaillant avec son cousin, distributeur de films indépendants à petits budgets. Après la mort prématurée de son premier mari elle se lance dans la production de films nudistes tels Hideout in the Sun en 1960 et Nude on the Moon en 1961 qui imaginait une colonie nudiste sur la lune et fut interdit dans l'État de New-York car la nudité n'y correspondait pas à une volonté documentaire. Certes. Elle continue avec un film mettant en vedette la strip-teaseuse Blaze Starr, Blaze Starr goes nudist, en 1963. Le film naturiste passe de mode et Doris Wishman se lance dans un cinéma d'exploitation sexuelle plus directe. Bad Girls go to Hell, en 1965, correspond à cette catégorie. C'est l'histoire d'une ménagère de Boston qui s'enfuit à New-York après avoir tué son violeur. Elle y vivra diverses expériences sexuelles, comme dans un rêve. Passé inaperçu en son temps, le film a depuis été considéré avec intérêt par la critique et certains historiens du cinéma qui y verront, pour reprendre les termes du critique Bill Gibron, « une lettre d'amour à une époque où des hommes fragiles craignaient le pouvoir sexuel des femmes et auraient fait n'importe quoi pour asseoir leur domination sur elles ».
À la fin de la décennie, la sexploitation va passer à la couleur et changer de visage. En 1975, Doris Wishman réalise l'extraordinaire Supernichons contre mafia avec la spectaculaire stripteaseuse Chesty Morgan. Celle-ci incarne un agent secret chargé d'éliminer des trafiquants de drogue, aidé en cela par une poitrine opulente qu'elle utilise comme tout à la fois comme caméra, grâce à un appareil de prise de vue incorporé, et comme arme secrète. Le fétichisme mammaire comme fantasme masculin est ici subverti et retourné, avec humour, à son envoyeur. Le dépassement des seins par leur forme extatique.
Jean-François Rauger