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Déchéance

Déchéance
The Goose Woman

Clarence Brown
États-Unis / 1925 / 80 min

Avec Louise Dresser, Jack Pickford, Constance Bennett, Gustav von Seyffertitz

Mary Holmes, une ancienne diva, a perdu sa voix en donnant naissance à un enfant illégitime. Elle vit désormais dans un taudis où elle élève des oies et boit. Quand son voisin est retrouvé assassiné, elle ente d'attirer l'attention de la presse.


En revisitant l'œuvre souvent passionnante de Clarence Brown – hélas tout aussi souvent regardée avec une ignorance condescendante –, j'ai découvert, en dehors du Dernier des Mohicans, plusieurs pépites de sa période muette, trop souvent ramenée à sa collaboration avec Garbo. Ce qui l'exaspérait, car il en tourna plusieurs à contrecœur après le splendide La Chair et le Diable qu'aimait tant Henri Langlois : je me souviens de la chaleur admirative avec laquelle il accueillit Brown à la Cinémathèque... Sa période Universal est notamment riche en réussites, en particulier le très audacieux Smouldering Fires, tragédie romantique sur la différence d'âge illuminée par l'interprétation inoubliable de Pauline Frederick.

Tout aussi singulier et personnel, The Goose Woman nous plonge en quelques plans, sans intertitres, au cœur du sujet, économie narrative qui reste une des grandes spécificités du talent de Brown : une ancienne diva, qui a perdu sa voix à la naissance de son fils, vit comme une semi-clocharde alcoolique dans une baraque avec un troupeau d'oies, et se retrouve mêlée à un meurtre. Au-delà de l'intrigue déjà étonnante, ce qui frappe, c'est la liberté narrative, les ruptures qu'introduisent de brusques flashbacks, la rigueur de la direction d'acteur. Et la sureté, l'acuité de la mise en scène, riche en détails très réalistes – un policier ouvre une fenêtre pour aérer la pièce et tombe sur la porcherie –, cocasses – un pan de décor sépare brusquement un couple d'amoureux –, ou incisifs – l'héroïne dissimule son ivrognerie en cachant du gin dans une cafetière sur le poêle, et l'alcool s'évapore avec la chaleur. Un magnifique et très long travelling précède Louise Dresser marchant sur une route, suivie par une oie. Elles sont rattrapées et dépassées par une voiture sans que cela ne les fasse dévier. Brown décrit avec sécheresse les méthodes policières, pointant la rivalité entre le district attorney calculateur et le chef de la police onctueux et impitoyable.

Bertrand Tavernier

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Dimanche 2 décembre 2012, 16h30 - Salle Georges Franju → 17h55 (83 min)
Accompagnement musical Stephen Horne
  • Déchéance (Clarence Brown / États-Unis / 1925 / 83 min / 35mm / INT.FR.)

Générique

Réalisateur : Clarence Brown
Assistant réalisateur : Charles Dorian
Auteur de l'oeuvre originale : Rex Beach
Rédacteur des intertitres : Dwinelle Benthall
Société de production : Universal Pictures
Directeur de la photographie : Milton Moore
Directeurs artistiques : William R. Schmidt, E.E. Sheeley
Monteur : Ray Curtiss
Interprètes : Louise Dresser (Marie De Nardi/Mary Holmes), Jack Pickford (Gerald Holmes), Constance Bennett (Hazel Woods), Marc McDermott (Amos Ethridge), Gustav vonSeyffertitz (Mister Vogel), George Nichols (le détective Lopez), George Cooper (un reporter), Spottiswoode Aitken (Jacob Rigg), James O. Barrows (Kelly), Kate Price