Les Harmonies Werckmeister

Les Harmonies Werckmeister Werckmeister harmoniak

Béla Tarr, Ágnes Hranitzky
Hongrie-Allemagne-France-Italie / 2000 / 145 min
D'après le roman La Mélancolie de la résistance de László Krasznahorkai.

Avec Lars Rudolph, Peter Fitz, Hanna Schygulla, Ferenc Kallai.

János, jeune homme simple, assiste à l'escalade de la violence et du désordre dans sa petite ville de la plaine hongroise, où vient de débarquer un étrange cirque itinérant qui transporte une baleine.

Restauration 4K d'après le négatif image original par la National Film Institute Hungary – Film Archive et le NFI Filmlab, sous la supervision de Béla Tarr. Restauration sonore réalisée par Cinegrell Postfactory Gmbh d'après le négatif son allemand.


Inspiré de La Mélancolie de la résistance de László Krasznahorkai, Les Harmonies Werckmeister signe la seconde collaboration du romancier et du cinéaste. Ce sont deux versions de l’harmonie – cosmique et musicale – qu’incarnent dans le film les utopies jumelles de János, l’Innocent, et de M. Eszter, le vieux musicien. Le premier tente de faire incarner la trajectoire circulaire des planètes par les derniers consommateurs éméchés d’un café lugubre. Le second désire revenir à la gamme naturelle, fondée sur l’harmonie des sphères, avant que l’ordre « rationnel » de la gamme tempérée ne se soit imposé dans la musique occidentale. Mais les deux rêveurs vont être confrontés à l’Histoire. Une menace plane sur la ville. Des scènes de pillage auraient eu lieu alentour. Un cirque s’installe sur la grand-place. L’attraction, une gigantesque baleine momifiée, attire en masse des hommes surgis de nulle part. Tous attendent, en silence, les prophéties d’un mystérieux Prince qui tarde à apparaître. À la nuit tombée, faute de Prince, la foule exaspérée se met en marche, en un inexorable mouvement rectiligne. Comme le cercle parfait des utopistes, la trajectoire linéaire de la masse se révèlera un leurre. Le « sens » de l’Histoire, c’est qu’elle n’en a aucun. Son mouvement est celui de l’entropie : tout tend vers la ruine et l’immobilité. Le film subvertit ainsi radicalement la structure prophétique de la fable biblique de Jonas et la baleine : la catastrophe annoncée imminente est devenue immanente.

Sylvie Rollet et Corinne Maury


Générique

Réalisateur : Béla Tarr, Ágnes Hranitzky
Scénaristes : László Krasznahorkai, Béla Tarr, Béla Tarr
Sociétés de production : Goëss Film (Budapest), 13 Production (Marseille), Von Vietinghoff Filmproduktion GmbH (Berlin), Von Vietinghoff Filmproduktion GmbH (Berlin), Arte France Cinéma, ZDF- Zweites Deutsches Fernsehen (Mainz), ZDF- Zweites Deutsches Fernsehen (Mainz), RAI Tre, Studio Babelsberg AG (Potsdam), Studio Babelsberg AG (Potsdam), Fondazione Montecinemaveritá, Eurimages
Producteurs : Paul Saadoun, Franz Goëss
Distributeur d'origine : Pierre Grise Distribution (Paris)
Directeurs de la photographie : Gábor Medvigy, Gábor Medvigy, Jörg Widmer, Jörg Widmer, Miklós Gurbán
Ingénieurs du son : György Kovács, György Kovács, Csaba Erös, Csaba Erös
Compositeur de la musique originale : Mihály Vig
Monteur : Ágnes Hranitzky
Interprètes : Lars Rudolph (Janos Valushka), Peter Fitz (Gyorgy Eszter), Peter Fitz (Gyorgy Eszter), Hanna Schygulla (Tunde Eszter), Hanna Schygulla (Tunde Eszter), Ferenc Kallai (le directeur), Ferenc Kallai (le directeur), János Derzsi (l'homme en manteau), János Derzsi (l'homme en manteau), Djoko Rosic (l'homme aux bottes), Tamás Wichmann (l'homme en vareuse)