La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Notre agent à Salzbourg a été réalisé en 1972 par Lee Katzin. À vrai dire, il s'agit d'un des rares films de cinéma (le plus connu étant Le Mans avec Steve McQueen, l'année précédente, pour lequel il avait remplacé John Sturges) d'un infatigable réalisateur de séries et de films pour la télévision. On lui doit, entre autres, des épisodes des Mystères de l'Ouest, Hondo, Mannix, Mission : impossible, Cosmos 1999. Le scénario, qui adapte un roman d'Helen MacInnes, est d'Oscar Millard, qui a cosigné, entre autres, Un si doux visage d'Otto Preminger (ou bien le bizarre La Mort frappe trois fois de Paul Henreid) et qui a passé l'essentiel de son activité au service de la télévision. Le film fut le second et le dernier titre produit par Ingo Preminger, frère d'Otto, le premier étant MAS*H de Robert Altman. Barry Newman tenait le rôle principal dans Point limite zéro de Richard Sarafian, et a surtout effectué l'essentiel de son activité à la télévision. Ici, Salzbourg apparaît comme le théâtre d'une lutte à mort entre divers services secrets à la recherche d'une caisse mystérieuse contenant le nom d'anciens nazis et de collaborateurs. Le style neutre, quasi télévisuel, de la mise en scène, effleure parfois une forme d'abstraction lorsque s'organise, dans les rues de Salzbourg, un véritable ballet d'espions, une chorégraphie tracée par les diverses filatures exercées par les agents secrets de toutes nationalités qui s'y épient et s'y piègent. Notons que le film marque les débuts au cinéma de Klaus Maria Brandauer, et qu'Anna Karina, que l'on ne s'attend guère à voir ici, s'est vu confier le rôle féminin principal.
Jean-François Rauger