L'Âge d'or

L'Âge d'or

Luis Buñuel
France / 1930 / 63 min

Avec Lya Lys, Gaston Modot, Max Ernst, Pierre Prévert.

La force du désir éprouvé par un couple bouleverse l'ordre social, entre tabous sexuels et interdits religieux.

Restauration 4K réalisée par la Cinémathèque française et le Centre Pompidou, MNAM-CCI/Service du cinéma expérimental, au laboratoire Hiventy pour l'image et au studio L.E. Diapason pour le son, grâce au soutien de Pathé et de la Maison de Champagne Piper-Heidsieck, mécènes de la Cinémathèque française.


Une main d’homme aiguise un rasoir et vérifie son tranchant sur l’ongle du pouce. L’homme sort sur le balcon, regarde la pleine Lune et trois nuages effilés. La même main écarquille l’œil d’une femme entre le pouce et l’index. La femme nous fixe avec un léger sourire. Un nuage passe devant la Lune ; en très gros plan, le rasoir coupe l’œil de la femme. Aujourd’hui encore, les spectateurs se détournent. Certains crient. Luis Buñuel a commencé comme ça. Le 6 juin 1929, Un chien andalou est présenté à Paris, au Studio des Ursulines. Examen de passage réussi : le jeune Espagnol rejoint le mouvement surréaliste. Son camarade Dalí aussi. L’année d’avant, Georges Bataille a publié Histoire de l’œil. C’était dans l’air. Une femme signifie à un homme qu’elle ne veut plus de lui, à coups de raquette de tennis s’il le faut, c’est fini et bien fini. La raquette est celle de Jeanne Rucar, future madame Buñuel, et c’est l’intrigue d’Un chien andalou.
Pour L'Âge d’or, c’est l’inverse : on ne cesse de séparer un couple qui ne pense qu’à copuler partout et tout le temps. La pulsion est créatrice de désordre, il convient de la réprimer. Comme Stroheim, qu’il admirait, Buñuel force le trait et accuse la bizarrerie fondamentale du comportement en société. Lui aussi examine de près la règle du jeu et imagine comment celle-ci pourrait soudain se dérégler. Cela ne tient qu’à un fil. Officiellement interdit jusqu’en 1981, après l’énorme scandale de sa sortie en 1930 et son interdiction immédiate, mais diffusé par Langlois et les ciné-clubs, le film n’a vraiment été restauré qu’en 1993 par le Centre Pompidou. Il attendait depuis une nouvelle restauration numérique, elle aussi issue du négatif original.

Frédéric Bonnaud


Générique

Réalisateur : Luis Buñuel
Assistants réalisateurs : Jacques B. Brunius, Claude Heymann
Scénaristes : Luis Buñuel, Salvador Dalí
Dialoguistes : Luis Buñuel, Salvador Dalí
Producteurs : Charles deNoailles, Marie-Laure deNoailles
Directeur de la photographie : Albert Duverger
Ingénieur du son : Peter Paul Brauer
Compositeur de la musique originale : Georges Van Parys
Compositeurs de la musique préexistante : Felix Mendelssohn Bartholdy "Symphonie italienne", "Fingals höhle", Wolfgang Amadeus Mozart "Ave Verum", Ludwig vanBeethoven "Cinquième symphonie", Claude Debussy "La Mer est plus belle", Richard Wagner "Waldesflustern", "Tristan und Isolde"
Décorateur : Pierre Schildknecht
Monteur : Luis Buñuel
Interprètes : Lya Lys (la femme), Gaston Modot (l'amant), Max Ernst (le chef des bandits), Pierre Prévert (Péman, un bandit), Pancho Cossío (le boiteux), Joaquín Roa (un bandit), Pedro Flores (un bandit), Juan Castañé (un bandit), Juan Esplandiu (un bandit), Caridad deLaberdesque (la femme de chambre), Josep Llorens Artigas (un invité), Lionel Salem (le duc de Blangis/le christ), Valentine Hugo (la femme du gouverneur), Marie-Berthe Ernst (une invitée), Jean-Paul Dreyfus (un frère mariste), Jacques B. Brunius (le passant), Simone Cottance (une femme), Jaume Miravitlles (une femme), Germaine Noizet (la marquise de X), Bonaventura Ibáñez (le marquis), Domingo Pruna (un invité), Manuel Ángeles Ortiz (le garde forestier), Duchange (le chef d'orchestre), Juan Ramón Masoliver (l'archevêque défenestré), Marval (l'évêque défenestré), Claude Heymann (un figurant dans la foule du Cap Creus), Jacques Prévert (un passant), Evardon (le ministre), B. Aliance (un policier), Denic (un charretier), M. Pereira (un charretier), Josep Albert (le cardinal), Firmo Maula (un évêque), Enrique Maula (un évêque), Manuel Maula (le moine), Roland Penrose (un invité), Paul Eluard (la voix du narrateur), Valentine Penrose