La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Mademoiselle de la Seiglière
André Antoine
France / 1920
Avec Huguette Duflos, Félix Huguenet, Charles Granval, Romuald Joubé.
1792. Le marquis de la Seiglière s'exile, laissant derrière lui un domaine qu'achète son ancien fermier, le vieux Stamply. Leur descendance héritera par la suite de ce conflit d'intérêts.
Restauration en 1989 par la Cinémathèque française avec le concours du Musée d’Orsay à partir de trois copies diacétate et nitrate incomplètes issues des collections de la Cinémathèque. Travaux argentiques supervisés par Philippe Esnault et Renée Lichtig.
Tourné en 1919, Mademoiselle de la Seiglière, d’après le roman de Jules Sandeau, est le premier film qu’André Antoine réalise intégralement en décors naturels, au château de Rochefort-en-Yvelines. Davantage qu’une toile de fond, les intérieurs et les jardins s’imposent dans leur ensemble comme une entité dramatique. Le château cristallise les convoitises foncières et incarne la source des tiraillements entre les Stamply et les nobles déchus de leurs privilèges. C’est un lieu investi, disputé, voire partagé, par les personnages qui mènent ou sont menés par l’intrigue. Son étendue et sa disposition permettent une interprétation et une circulation libres, qu’Antoine utilise habilement. Il joue sur la profondeur de champ, tout en composant avec celle des sentiments qui parfois, motivés par des conventions sociales, échappent au libre arbitre. En adoptant un ton (faussement ?) léger et en inventant un langage cinématographique, Antoine questionne le caractère humain. L’épilogue, teinté d’amertume, nuance avec ironie la prétendue fin heureuse. Un contrat signé dans la salle de chasse, puis un face-à-face aux échecs entre Bernard Stamply et le marquis divulguent la clé du drame, tandis que le visage d’Hélène, en raccord dans le cadre, rejoint tour à tour les trophées sur les murs et les pions sur le damier. À la sortie du film, le 4 mars 1921, les critiques sont particulièrement séduits par son caractère novateur, le jeu des acteurs, et le recours exclusif à des décors naturels.
Mehdi Taïbi
Générique
Réalisateur :
André Antoine
Assistant réalisateur :
Georges Denola
Auteur de l'oeuvre originale :
Jules Sandeau
Adaptateur :
André Antoine
Sociétés de production :
Pathé Cinéma, S.C.A.G.L. - Société Cinématographique des Auteurs et Gens de Lettres
Distributeur d'origine :
Pathé Consortium Cinéma
Directeurs de la photographie :
Léonce-Henri Burel, René Gaveau, René Guychard
Interprètes :
Huguette Duflos (Hélène de La Seiglière), Félix Huguenet (le Marquis de La Seiglière), Charles Granval (Stamply père), Romuald Joubé (Bernard Stamply), Catherine Fonteney (la Baronne de Vaubert), Maurice Escande (Raoul de Vaubert), Charles Lamy (Destournelles), Saturnin Fabre, Léon Malavier
Restauration en 1989 par la Cinémathèque française avec le concours du Musée d’Orsay à partir de trois copies diacétate et nitrate incomplètes issues des collections de la Cinémathèque. Travaux argentiques supervisés par Philippe Esnault et Renée Lichtig.
Tourné en 1919, Mademoiselle de la Seiglière, d’après le roman de Jules Sandeau, est le premier film qu’André Antoine réalise intégralement en décors naturels, au château de Rochefort-en-Yvelines. Davantage qu’une toile de fond, les intérieurs et les jardins s’imposent dans leur ensemble comme une entité dramatique. Le château cristallise les convoitises foncières et incarne la source des tiraillements entre les Stamply et les nobles déchus de leurs privilèges. C’est un lieu investi, disputé, voire partagé, par les personnages qui mènent ou sont menés par l’intrigue. Son étendue et sa disposition permettent une interprétation et une circulation libres, qu’Antoine utilise habilement. Il joue sur la profondeur de champ, tout en composant avec celle des sentiments qui parfois, motivés par des conventions sociales, échappent au libre arbitre. En adoptant un ton (faussement ?) léger et en inventant un langage cinématographique, Antoine questionne le caractère humain. L’épilogue, teinté d’amertume, nuance avec ironie la prétendue fin heureuse. Un contrat signé dans la salle de chasse, puis un face-à-face aux échecs entre Bernard Stamply et le marquis divulguent la clé du drame, tandis que le visage d’Hélène, en raccord dans le cadre, rejoint tour à tour les trophées sur les murs et les pions sur le damier.
À la sortie du film, le 4 mars 1921, les critiques sont particulièrement séduits par son caractère novateur, le jeu des acteurs, et le recours exclusif à des décors naturels.
Mehdi Taïbi