La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Restauration par Sony Pictures Entertainment en 4K. Distribué par Park Circus.
Grand réalisateur de westerns, Delmer Daves adapte en 1958 pour la Columbia le livre semi-autobiographique de Frank Harris, l'histoire d'un employé d'hôtel aux rêves de cowboy. Daves retrouve pour l'occasion son acteur fétiche, Glenn Ford, après leur collaboration sur L'Homme de nulle part (1956) et 3h10 pour Yuma (1957), et lui confie le rôle de Tom Reece, un conducteur de bétail endurci qui attache plus d'importance à la vie de son troupeau qu'à celle de ses employés. Face à lui, Jack Lemmon interprète l'apprenti cowboy, et révèle déjà tout son talent à mêler comédie et tragédie. Sur un scénario signé Edmund H. North et Dalton Trumbo, le réalisateur se livre à une sévère démystification de la vie de cowboy. Bien qu'il tourne en Technicolor, il refuse la romantisation de l'Ouest, et filme les paysages avec un réalisme étonnant. Tous les poncifs du Western sont ainsi désacralisés, de l'attaque indienne à la ruée du bétail, tandis que Daves souligne la violence de cette culture des armes à feu. Et va jusqu'à déjouer l'antagonisme traditionnel des Blancs avec les Indiens et les Mexicains pour le déplacer au sein du groupe de cowboys. L'individualisme de Reece s'oppose d'abord à l'altruisme de Harris avant que les valeurs ne se renversent : la figure paternelle s'attendrit, là où celle du fils se durcit. C'est là l'entorse la plus intéressante qu'inflige Daves au Western. Ici, pas de méchant ou de héros, mais deux hommes imparfaits contraints de se dépasser pour s'entraider.
Elsa Colombani