La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Tout comme L'Impasse aux violences (John Gilling, 1959), Le Docteur et les Assassins renvoie à une célèbre affaire criminelle qui défraya la chronique à Edimbourg entre 1827 et 1828. Deux émigrés d’origine irlandaise, William Burke et William Hare, commirent un certain nombre d’assassinats afin de vendre des cadavres frais à un médecin, le docteur Knox, qui enseignait la médecine à l’hôpital. Une histoire sordide qui s’acheva par la pendaison de Burke, dénoncé par son complice. Robert Louis Stevenson en fit le sujet d’une de ses nouvelles, Le Voleur de cadavres en 1884. La culture populaire s’est bien sûr emparée de cet extraordinaire fait divers, et en particulier le cinéma. En 1945, Le Récupérateur de cadavres de Robert Wise, produit par Val Lewton, se présentait comme une adaptation du livre de Stevenson. C’est sans doute à John Gilling que l’on doit la meilleure transposition de ces évènements avec son Impasse aux violences (1960). L’heure est à la production massive de films d’horreur gothique, inspirés par toute une littérature du XIXe siècle après les succès des titres produits par la maison Hammer. Gilling lui-même travaillera pour la célèbre firme en y signant, plus tard, quelques chefs-d’œuvre comme L’Invasion des morts-vivants ou bien La Femme reptile. Vingt-cinq ans plus tard, un nouveau film abordant cette histoire fut produit par Mel Brooks, réalisé par Freddie Francis, grand directeur de la photographie et réalisateur de films d‘horreur, notamment pour la Hammer, durant les décennies précédentes. Le film bénéficie d’un budget plus conséquent que celui d’une série B. Il est écrit par Ronald Harwood d’après un scénario du poète Dylan Thomas et resté sur les étagères. Timothy Dalton hérite du rôle tenu par Cushing dans la version de Gilling. La critique utilisera souvent l’adjectif « dickensien » pour décrire une œuvre qui n’obtint pas un grand succès à sa sortie. Trop dépassé, trop anachronique sans doute, le film était, en tout cas, devenu une rareté. Notons que John Landis réalisa une plaisante comédie musicale à partir de l’histoire macabre de Burke et Hare avec Cadavres à la pelle en 2010.
Jean-François Rauger