Riff-Raff

Riff-Raff

Ken Loach
Grande-Bretagne / 1991

Avec Robert Carlyle, Emer McCourt, Richard Belgrave.

« Riff-Raff », ou l'équivalent outre-Manche de « racailles », considérés par les bourgeois comme des fainéants. C'est d'eux qu'il est ici question. Stevie l'Écossais sort de prison et trouve un emploi d'ouvrier au noir. Sur son chemin, Susan, jeune marginale, hippie et fauchée. La réalité du chômage, la main d'œuvre exploitée, et le racisme en embuscade, dans l'Angleterre de Thatcher : « C'est l'égalité de la jungle », résume Loach, qui creuse encore ses thèmes de prédilection. Mais cette fois, il choisit l'ironie grinçante, l'humour comme contre-feu au désespoir. C'est vif, c'est punk, c'est féroce, mais comme toujours chez le cinéaste, parfaitement réaliste. Les acteurs viennent des chantiers, de l'usine, du dessin, et même Robert Carlyle, dans son premier grand rôle – bien avant la révélation Trainspotting –, avait une expérience de peintre en bâtiment. Furieusement lucide, et vivant.