La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Film restauré en 4K par l'Atelier d'images et Malavida avec Titra Film. Ressortie en salles par Malavida le 10 avril 2019.
Unique film véritablement américain de Jerzy Skolimowski, cinéaste habitué aux productions apatrides, Le Bateau-phare entretient une relation ambiguë avec sa terre d'accueil. C'est un film qui reste au large du système hollywoodien comme de son territoire, puisque l'essentiel de l'action se déroule en mer. Skolimowski s'acquitte de la commande (un film noir hustonien, presque un remake de Key Largo, 1948) tout en signant un film très personnel. Un de ses premiers scénarios, Le Couteau dans l'eau de Roman Polanski (1963), était déjà un huis-clos maritime. Et selon la règle des tournages confinés, l'histoire du film a contaminé sa fabrication, marquée par des affrontements entre Klaus Maria Brandauer et Jerzy Skolimowski, à l'image des rivalités d'ego entre l'impossible capitaine Miller et son ennemi à l'écran, Calvin Caspary (Robert Duvall). De même, la ressemblance physique entre Skolimowski et Brandauer n'est pas fortuite, puisque ce dernier joue le père de Michael Lyndon, fils du cinéaste. En adoptant un académisme de façade et sans trop se soucier des conventions du genre, le cinéaste a préservé l'énergie et la tension de ses plus grandes réussites : les contingences de la réalité ont toujours nourri son art.
Olivier Père