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Blue Collar

Blue Collar

Paul Schrader
États-Unis / 1977 / 114 min

Avec Richard Pryor, Harvey Keitel.

Trois ouvriers des usines automobiles Checker à Detroit tentent de s'opposer à l'immobilisme et à la corruption du syndicat.


J'ai découvert Blue Collar avec Benoît Jacquot, le premier jour de sa sortie new-yorkaise. On est resté tous les deux silencieux, sous le choc. Et ce, dès les premiers plans, scandés par une musique bluesy qui vous plonge au cœur d'une usine de voitures, monde de sueur et de travail que la caméra de Schrader filme avec une telle force, une telle proximité, qu'on a envie de se protéger des éclats des lampes à souder. C'est l'un des très rares films à s'intéresser au monde ouvrier. On se sent projeté dans une chanson de Bruce Springsteen – qui vénérait ce film autant que Taxi Driver. Comme l'écrit Roger Ebert, « Blue Collar est une œuvre colérique, radicale, sur l'étau qui emprisonne les ouvriers coincés dans une vie d'oppression, qui recoupe la vision de sociologues comme Harvey Swados et Paul Goodman ». D'autant que Schrader a choisi un angle original, après avoir découvert que la plupart des ouvriers qu'il avait rencontrés détestaient plus encore leur syndicat traître et méprisant que les patrons. Avec son frère Leonard, il invente une histoire de hold-up commis par trois amis, qui met à jour la duplicité du syndicat, mais aura des conséquences tragiques, faisant exploser cette amitié. Pas de fin hollywoodienne ou vaguement libérale, mais une conclusion amère et désenchantée. Il fallait du courage pour réussir un film aussi honnête et droit, mais surtout un vrai talent de metteur en scène pour le traiter avec un tel humour, une telle humanité. Et ce malgré un tournage éprouvant, où les trois acteurs ne cessèrent de s'agresser mutuellement et d'attaquer Schrader. Rien de tout cela ne se voit à l'écran, et il en résulte un film paradoxal. En apparence, Blue Collar ne comprend aucun des thèmes, des obsessions chères à Schrader. Pourtant il me semble bien plus personnel et plus réussi que Hardcore ou le trop léché La Féline.

Bertrand Tavernier

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Générique

Réalisateur : Paul Schrader
Assistants réalisateurs : Rusty Meek, Dan Franklin
Scénaristes : Paul Schrader, Leonard Schrader
Auteur de l'oeuvre originale : Sydney A. Glass
Sociétés de production : TAT Communications Company, Universal Pictures
Producteur : Don Guest
Producteur associé : David Nichols
Producteur exécutif : Robin French
Directeur de production : Rusty Meek
Distributeur d'origine : Universal Pictures France
Directeur de la photographie : Bobby Byrne
Cadreur : Robert C. Thomas
Ingénieurs du son : Willie D. Burton, Marvin Lewis, Winfred Tennison
Compositeur de la musique originale : Jack Nitzsche
Créateurs des décors : Lawrence G. Paull, Dan Perri
Décorateur : Peggy Cummings
Costumiers : Ron Dawson, Alice Rush
Maquilleur : Sir Lord Donl
Coiffeur : Robert L. Stevenson
Monteur : Tom Rolf
Script : Wally Bennett
Directeur de casting : Vic Ramos
Cascadeur : Glenn Wilder
Photographes de plateau : Jim Taylor, Wynn Hammer
Interprètes : Richard Pryor (Ezekiel Brown, dit Zeke), Harvey Keitel (Jerry Bartowski), Yaphet Kotto (Smokey James), Ed Begley Jr. (Bobby Joe), Harry Bellaver (Eddie Johnson, dit Knuckles), George Memmoli (Jenkins), Lucy Saroyan (Arlene Bartowski), Borah Silver (Dogshit Miller), Lane Smith (Clarence Hill, dit Kiss Ass), Cliff De Young (John Burrows), Chip Fields (Caroline Brown), Harry Northup (Hank), Leonard Gaines (Monsieur Berg, l'inspecteur des impôts), Milton Selzer (Sumabitch), Sammy Warren (Barney), Jimmy Martinez (Charlie T. Hernandez), Jerry Dahlmann (le superintendant Gil), Denny Arnold (le voyou mal rasé), Rocks Riddle (le voyou blond), Stacey Baldwin (Debby Bartowski), Steve Butts (Bob Bartowski), Stephen P. Dunn (Flannigan), Speedy Brown (Slim), Davone Florence (Frazier Brown), Eddie Singleton (Ali Brown), Ava Singleton (Aretha Brown), Vermettya Royster (la voisine), Jaime Carreire (Little Joe), Victoria McFarland (Doris), Gloria Delaney (une fille à la fête), Rosa Flores (une fille à la fête), Crystal McCarey (une fille à la fête), Debra Fay Walker (une fille à la fête), Gino Ardito (un inspecteur), Sean Fallon Walsh (un inspecteur), Vincent Lucchesi (le reporter du quotidien), Jerry Snider (un reporter TV), Colby Chester (un reporter TV), Donl Morse (un syndicaliste), William Pert (un syndicaliste), Tracey Walter (un syndicaliste), Almeria Quinn (la secrétaire du syndicat), Lee McDonald (le vigile), Rodney Lee Walker (le garçon dans la boutique)