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J'ai vécu deux fois (Man in the Dark, 1953) relève du plus pur film noir. Produit par la Columbia, à l'origine en 3D, signé du prolifique Lew Landers (de son vrai nom Louis Friedlander), le film démarre sur un postulat de quasi-science-fiction. Un médecin opère un gangster (Edmond O'Brien) afin de lui retirer ses instincts criminels. Celui-ci, devenu doux comme un mouton, devient amnésique. Ses anciens complices, persuadés qu'il simule, le kidnappent et tente de lui faire avouer l'emplacement du butin d'un hold-up. Un détective, engagé par une compagnie d'assurance, s'en mêle, cherchant à récupérer l'argent. Commence dès lors une quête de la mémoire enfouie. Le retour du refoulé, le déchiffrage de l'inconscient constituent ainsi le moteur d'un film dans lequel l'interprétation d'un rêve donnera, littéralement, la clef manquante. De l'usage de la psychanalyse dans le récit criminel. Le film accumule les trouvailles baroques et culmine avec une séquence d'affrontement dans une fête foraine, accroissant le projet expressionniste du cinéaste. Sans doute convient-il de scruter avec un peu d'attention la pléthorique filmographie de Lew Landers.
Jean-François Rauger