La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Souvent comparé à Le Train sifflera trois fois (High Noon, Fred Zinnemann, 1951), 3h10 pour Yuma repose sur des ressorts dramatiques et psychologiques bien différents. Là où Zinnemann exposait un drame de la solitude, Daves édifie une violente confrontation psychologique, et parfois physique, entre deux tempéraments que tout oppose : Ben Wade (Glenn Ford), hors-la-loi pilleur de trains, séducteur pervers et corrupteur machiavélique, et Dan Evans (Van Heflin), fermier ruiné, au caractère buté et mutique, méprisé par sa famille, chargé, par nécessité économique, de convoyer Wade jusqu'au train qui le conduira en prison. Sur ce canevas, Daves élabore une magnifique progression dramatique, des plaines arides de l'Arizona au huis clos d'une chambre d'hôtel où se concentre leur affrontement. La force de la mise en scène est de conduire le spectateur à éprouver une égale sympathie pour les deux hommes, et par de subtiles variations, de les amener l'un et l'autre sur une voie où ils ne peuvent plus que s'entre-détruire ou pactiser. Mais leurs enjeux personnels ne sont pas égaux : pour Wade le prisonnier, il s'agit de reconquérir sa liberté, alors qu'Evans le loser doit racheter sa dignité bafouée. Entretenant le suspense au prix d'un long plan-séquence qui conduit les deux hommes jusqu'au train, Daves, deus ex machina humaniste et bienveillant, fait pleuvoir sur ses héros une eau quasi baptismale qui laisse espérer, pour l'un et l'autre, un heureux dénouement.
Joël Daire