La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Film restauré par l'Anthology Film Archives et la Film Foundation avec le soutien de la George Lucas Family Foundation.
1964 : Ron Rice meurt à 29 ans et ne peut mener à terme son dernier projet, un film épique de trois heures qui sera achevé dans sa forme de 108 minutes en 1981 à partir des notes laissées par le réalisateur. Film fauché, halluciné et punk, où les deux personnages principaux, le dérangé Atom Man et sa Reine, agissent de manière inconsidérée, profitent des plaisirs simples de la vie en faisant ce qu'ils veulent, et non ce qu'on voudrait qu'ils fassent. The Queen of Sheeba... est un manifeste contre un monde où l'industrialisation gagne jusqu'au musée, et montre ce que le cinéma peut et doit être : une réaction contre la mainmise d'Hollywood sur la morale et la liberté d'expression. Projet clé du New American Cinema, le film de Rice se situe à la croisée des œuvres expérimentales et underground, terme qui naît alors sous la plume de Jonas Mekas. Œuvre définie par son contenu radical (subversion, approche anti-esthétique, sexualité hors normes), et expérimentale, en écho aux avant-gardes contemporaines et celles des années vingt, elle se regarde comme un curieux film muet musiqué. D'une certaine manière, la vie et l'œuvre de Ron Rice reflètent étrangement celles de Jean Vigo, lui aussi disparu à 29 ans, lui aussi après seulement quatre films. Et comme les films de Vigo, ceux de Rice, bien que radicalement différents, révèlent un ton irrévérencieux, anarchique et ludique, réalisés contre, et en dehors de l'industrie cinématographique.
Matthieu Grimault