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L’Europe, un personnage de cinéma ?

A partir du 1er juillet 2008 la France préside l’Union européenne pendant 6 mois. Diverses initiatives sont envisagées pour accompagner ce moment politique où la culture devrait avoir toute sa place. La Cinémathèque française a imaginé une programmation autour de l’idée européenne. La question qui revient le plus souvent est celle-ci : existe-t-il un cinéma européen ? A quoi ressemble t-il ? Quelle langue parlerait-il ? Quelle réalité reflèterait-il ? Quelles mœurs, habitudes, modes de vie, enregistrerait-il ? Autant de questions auxquelles il est difficile de répondre de manière affirmative. En fait, l’Europe est une chose trop complexe, trop riche et trop variée, trop contrastée, pour être ramenée à son plus petit commun dénominateur.

En revanche, l’idée de l’Europe a traversé le cinéma. Comme elle traverse d’une certaine manière la littérature, le théâtre ou les arts en général. Cette idée de l’Europe est liée aux passages de frontières, à l’exil intérieur, aux conflits entre les nations, aux traces profondes laissées par les deux grandes guerres du XXe siècle, aux événements historiques qui ont secoué notre continent – le dernier en date étant sans conteste la guerre dans les Balkans. Le cinéma a été, et demeure encore, plus que jamais, une plaque sensible renvoyant notre continent à ses contradictions comme à ses aspirations. L’Europe donc, mais comme espace virtuel, mental, projection collective dont les contours ou le périmètre réel demeurent flous.

Alors, plutôt que de parler d’un cinéma européen, nous avons envisagé une programmation de films couvrant diverses périodes de l’histoire du cinéma où cette question de l’Europe s’est trouvée, ou se trouve aujourd’hui, au cœur des préoccupations esthétiques et narratives de cinéastes venus d’horizons très larges. Comment, depuis ses origines, le cinéma a-t-il témoigné d’une histoire spécifiquement européenne ? Comment a-t-il pu représenter un destin historique et géographique, défini par les soubresauts et les convulsions du continent qui lui étaient contemporains ? Déjà, les causes et le déroulement de la Première Guerre mondiale qui redécoupa le territoire européen, sont le sujet d’un certain nombre de films : De Mayerling à Sarajevo de Max Ophuls, en passant par Salonique nid d’espions, jusqu’à l’expérimental Sur les cimes tout est calme de Yervant Gianikian et Angela Ricci Lucchi. La montée des périls dans les années trente et des totalitarismes, est visible dans Une femme disparaît d’Alfred Hitchcock, alors que Les Deux mémoires de Jorge Semprun revient sur la Guerre d’Espagne et ses conséquences. La division de l’Europe, la Guerre froide, seront au centre d’un certain nombre de titres importants, comme Le Troisième homme de Carol Reed, alors que la prise de conscience de l’Europe comme une réalité politique après la Seconde Guerre mondiale est représentée dans Anno Uno de Roberto Rossellini.

L’Europe, territoire de nations et de peuples divers, traversée de flux migratoires, est le théâtre de récits attachés à montrer les déplacements, déracinements et différences de personnages en quête d’identité, se mouvant à l’intérieur de son espace comme I Magliari de Francesco Rosi, Le Milieu du monde d’Alain Tanner, L’Éternité et un jour de Theo Angelopoulos. 71 Fragments d’une chronologie du hasard, de Michael Haneke, confronte la réalité des émigrés pauvres de l’ex-Europe de l’Est, avec celle de la barbarie civilisée des métropoles industrielles.

L’Europe, introuvable objet, n’est pas seulement une dimension de l’Histoire, c’est aussi un ensemble de paysages identifiables dans quelques films qui ont su les représenter. C’est aussi le décor d’une errance (Au fil du temps de Wim Wenders ou Les Rendez-vous d’Anna de Chantal Akerman), de la quête d’une identité fantôme. Et puis, comment nier que la chute du Mur de Berlin en 1989, avec les conséquences que l’on sait, et l’effondrement du bloc soviétique, ont ouvert de nouvelles perspectives, de nouveaux espaces, de nouveaux imaginaires fictionnels…

Le cinéma a fait de l’Europe un espace concret et mental à la fois. Des cinéastes de la nouvelle génération, celle des Lars Von Trier, Pedro Almodovar, Fatih Akin, Aki Kaurismäki, Emir Kusturica, ont su inscrire leur cinéma dans cette dimension nouvelle d’une Europe consciente de son histoire, de son passé comme de son devenir, et dont les frontières sont heureusement plus ouvertes, plus poreuses qu’autrefois. L’Europe comme promesse.

Un siècle en Europe, un siècle de cinéma proposera un voyage partiel, hypothétique, autour d’une question toute simple : l’Europe est-elle un personnage de cinéma ?

Serge Toubiana et Jean-François Rauger

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Du 2 au 31 juillet 2008

Les films

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Partenaires et remerciements

AB Distribution, Alma Films, Bac Films, Bodega films, Diaphana, Documentaire sur Grand Écran, Les Films du Losange, Films sans Frontières, Gaumont, Gebeka Films, MK2, Océans Films, Pathé, Pyramides, Shellac, Swiss Films, Tamasa, Théâtre du Temple, Why Not Production, la Cineteca Nazionale, la Cinémathèque Royale de Belgique, la Filmoteca Española. Programmation réalisée dans le cadre de la saison culturelle européenne.