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Teuvo Tulio

Teuvo Tulio (1912-2000), né Theodor Tugai, fut l’un des personnages les plus truculents, controversés et fascinants du cinéma finlandais. Alors qu’il n’avait pas encore vingt ans, il s’était déjà fait un nom et une réputation de « Valentino finlandais » en jouant dans les films de son ami Valentin Vaala. Sa carrière de réalisateur s’acheva alors qu’il avait à peine dépassé 40 ans. Ses origines proviennent des pays baltes jusqu’à la Turquie. Il commence sa carrière au cinéma dans la mouvance cosmopolite et exotique du groupe des « Porteurs de Feu. » Néanmoins il devient le représentant authentique du mélodrame purement finlandais. Tulio crée l’essentiel de son œuvre entre 1936 et 1956 et le plus souvent hors des grandes sociétés, en tant que producteur-réalisateur indépendant. Ses trois premiers films ont été détruits dans un incendie à la fin des années cinquante. Auparavant déjà, il avait connu des difficultés pour produire ses films, ayant perdu le soutien des financiers et du public. Durant les années soixante et soixante-dix, il devient un auteur presque oublié et maudit jusqu’à ce que la rediffusion de ses films à la télévision dans les années quatre-vingts permette à une nouvelle génération de chercheurs et d’auteurs de découvrir le style inimitable de ses œuvres, la thématique obstinée et le talent authentique de cet auteur.

Le Chant de la fleur écarlate/Laulu tulipunaisesta kukasta (1938) est le plus ancien film de Tulio qui ait été conservé. C’est l’adaptation d’un roman à succès de cette époque, écrit par Johannes Linnankoski. Comme tous les films de Tulio d’avant-guerre, il s’agit d’un mélodrame en milieu rural. Le film décrit les péripéties d’un Don Juan campagnard, d’un flottage à l’autre, d’une fleur à l’autre avant qu’il ne se marie et s’installe dans une ferme. Il s’intéresse déjà à mettre en scène des descentes de rapides et des scènes d’amour, les brisants de la passion et les plongées mélodramatiques. Il se plaît à inventer un langage imagé qui transmet les vibrations de la nature comme des sentiments. Un érotisme palpitant et une narration imagée dynamique le distinguent d’emblée dans le cinéma finlandais. Le Rêve dans la hutte bergère/Unelma karjamajalla (1940) est l’adaptation d’une pièce de théâtre suédoise. Tulio la transforme en champ de bataille entre ciel et terre, innocence et dépravation, péché et expiation. Dans le film il y a deux frères, « l’un chrétien et l’autre mauvais comme un païen », deux femmes, l’une, l’innocence pure et l’autre, la séduction sombre. À partir de ces oppositions se développe le mélodrame de Tulio, rivalisant avec des images inoubliables de la nature.

La guerre crée une ligne de démarcation claire dans la production de Tulio. L’idylle des années trente s’oriente vers le monde déchiré des années quarante, les troubles internes de l’ordre traditionnel de la vie à la campagne se changent en conflit fondamental opposant la campagne et la ville. Le sujet et la structure de C’est ainsi que tu me voulais/Sellaisena kuin sinä minut halusit (1944) et de La Croix de l’amour/Rakkauden risti (1946) sont pratiquement identiques. Dans ces deux films, Tulio utilise le flash-back et met en scène l’histoire d’une fille qui quitte l’archipel pour la ville où elle succombera à la tentation et courra à sa perte. Le paysage estival de l’archipel figure le paradis de l’amour pur, où se tortille un serpent incarnant la tentation de la ville et du séducteur citadin. La ville déploie sa face nocturne, lieu de débauche contrasté où règnent l’amusement, l’ivrognerie, les chansons et l’exploitation des femmes. Après la guerre, Tulio poursuivra pendant dix ans sa coopération avec Regina Linnanheimo, vedette de ses premiers films. À partir de La Croix de l’amour, Linnanheimo marquera de sa présence tous les films de Tulio. Elle interprète les conflits mélodramatiques avec tout son corps et le large spectre de ses expressions.

Le Sang sans repos/Levoton veri (1946) est considéré comme le film le plus discipliné et le plus harmonieux de Tulio. C’est une tragédie triangulaire dans laquelle deux sœurs luttent pour le même homme, littéralement, jusqu’à la cécité et la folie. L’amour ou la haine, la jalousie ou la mort, tout ou rien, sont les pôles aussi extrêmes des mélodrames de Tulio. Le nœud des situations est le mariage dont le bonheur ou la destruction ne tiennent qu’à un fil. La Criminelle/Rikollinen nainen (1952), écrit et interprétée par Regina Linnanheimo, est l’histoire d’une femme qui, après une dispute conjugale, quitte sa maison, perd la mémoire dans un accident, et se retrouve dans une prison dirigée par son mari, qui entre temps a trouvé une nouvelle femme. Les tournants du mélodrame ressassent les aspects douloureux du mariage et de la société à travers le filtre de l’inconscient. Tu es entré dans mon sang/Olet mennyt minun vereeni (1956) met pratiquement fin à la carrière de Tulio aussi bien qu’à celle de Linnanheimo. D’après le scénario écrit par Linnanheimo, elle interprète une femme qui hésite entre deux hommes. Elle se marie avec l’un, mais pendant les longues absences de ce dernier le trompe avec l’autre. Elle perd son mari, se retrouve en prison, est séparée de son enfant, devient alcoolique et tombe dans le caniveau. Avec ce film, Tulio porte le mélodrame au point où les péchés n’ont plus aucune expiation, l’innocence et le bonheur ne sont plus qu’une illusion givrée par l’alcool ; à cela se mêlent comme un courant profond, la triste conscience des occasions perdues et l’ironie essentielle de la vie.

Sakari Toiviainen (traduit du finnois par Irmeli Debarle)

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Du 29 avril au 11 mai 2008

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