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Son talent l'a mené de l'Australie vers les productions hollywoodiennes à vedettes et à gros budgets, les blockbusters efficaces et élégants. Prolifique réalisateur et producteur, il a toujours été un homme fidèle à ses convictions de jeunesse tout en témoignant d'un souci, celui d'aborder, derrière les artifices du divertissement, diverses questions sociales et politiques.

Sydney-Hollywood... et retour

Phillip Noyce est né à Griffith en Nouvelle-​Galles du Sud en 1950. Il manifeste très tôt les qualités d'un surdoué de la pellicule et réalise son premier film à dix-huit ans. En 1969, il co-dirige un collectif de jeunes cinéastes qui deviendront la crème de la Nouvelle Vague australienne, The Sydney Filmakers. Tourné pour l'Australian Film School, son documentaire Castor and Pollux lui vaut le prix du meilleur court métrage australien en 1974. Backroads, en 1977, un road movie violent aux accents politiques, abordant déjà la question des Aborigènes et de leur place dans la société australienne moderne, sera son premier film de fiction. Newsfront, en 1978, évocation de la fabrication des actualités filmées dans l'Australie d'après-guerre, est un énorme succès critique et commercial qui obtient plusieurs Australian Film Awards, dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur. Heatwave, fresque politique sur Sydney et ses habitants, sera sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs en 1982.

Le succès de Calme blanc en 1987, thriller oppressant et tour de force technique en haute mer où débute Nicole Kidman, lui ouvre les portes d'Hollywood. Son talent semble s'y trouver parfaitement à l'aise. Il y tourne, entre autres, des films d'action à gros budget adaptés des romans de Tom Clancy avec Harrison Ford en vedette (Jeux de guerre en 1992 et Danger immédiat en 1994), un suspense érotique avec Sharon Stone (Sliver) en 1993, une variation sur le motif du tueur en série, Bone Collector, avec Denzel Washington et Angelina Jolie en 1999.

Il retourne en Australie en 2006 pour Les Chemins de la liberté, où il aborde le sort des Aborigènes. Entretemps, il a signé en 2002 une nouvelle adaptation d'Un américain bien tranquille, d'après le roman de Graham Greene, proposant ainsi à Michael Caine un de ses meilleurs rôles. Le film se distingue de l'adaptation de Joseph L. Mankiewicz par sa dimension ouvertement politique, dénonçant les projets impérialistes des États-Unis qui allaient déboucher sur la guerre du Vietnam. Son œuvre témoignera d'ailleurs souvent, derrière les apparences trompeuses du divertissement, de préoccupations sociales et politiques (les agissements illégaux de la CIA dans Danger immédiat, la fin de l'apartheid dans Au nom de la liberté).

Il réalisera et produira aussi de nombreuses œuvres pour la télévision. L'hommage qui est consacré par la Cinémathèque permet de redécouvrir ses films les plus connus, mais aussi de révéler de nombreux titres encore inconnus du public français, en particulier ses premiers courts métrages.

Jean-François Rauger

Dans les salles

Films, rencontres, conférences, spectacles

Du 27 octobre au 7 novembre 2021

Les films

Courts métrages

Courts métrages, fragments et films de fin d'études.

Rencontres et conférences

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Avec le soutien du gouvernement australien, dans le cadre du programme Australia Now France 2021-2022 et avec le soutien du NFSA (The National Film and Sound Archive of Australia)

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