Parlons cinéma avec... Édouard Louis
Du 3 au 15 juin 2026
Enfant, je pensais qu'il existait des films. Plus tard j'ai découvert qu'il existait le cinéma. La différence entre les deux ? Un film nous divertit, nous fait oublier le monde l'espace de quelques instants, le cinéma au contraire nous plonge le visage dans la réalité. Les œuvres que j'ai choisi de présenter à la Cinémathèque évoquent certains aspects de cette matière lourde et opaque qui forme le réel : la violence du capitalisme, le désir, le temps qui passe, le racisme, la tristesse, l'exclusion sociale. Ils sont parmi les films de cinéma qui m'ont le plus marqué. Ceux auxquels je pense le plus. Il aurait fallu en ajouter quelques autres : Oasis de Lee Chang-dong, La Leçon de piano de Jane Campion, Mother de Bong Joon-ho, Sorry We Missed You de Ken Loach, Mystery de Lou Ye, Elephant de Gus Van Sant, Old Boy de Park Chan-wook, Leila et ses frères de Saeed Roustayi, Cléo de 5 à 7 d'Agnès Varda, Green Border d'Agnieszka Holland, Titanic de James Cameron, Tous les autres s'appellent Ali de Rainer Werner Fassbinder, Une séparation d'Asghar Farhadi, Girl de Lukas Dhont, L'Innocence de Hirokazu Kore-eda. Et quelques autres encore. — Édouard Louis
Édouard Louis est écrivain (En finir avec Eddy Bellegueule, Changer : méthode et L'Effondrement). Ses livres, publiés dans une quarantaine de langues, ont fait de lui l'un des auteurs les plus reconnus de sa génération. Il a fondé la collection « Des mots » aux Presses Universitaires de France, où a paru son essai Dialogue sur l'art et la politique, coécrit avec Ken Loach. Il est l'un des traducteurs de la poétesse canadienne Anne Carson, intervient dans des universités américaines et enseigne actuellement à l'Université de New York.