Parlons cinéma avec... Cédric Anger

Du 15 septembre au 6 octobre 2022

« Quand le doigt montre la lune, l'imbécile rate Les Bonnes femmes, comme le dit un proverbe chinois. Vous voilà méchamment prévenus. Le cinéma est mort, bon, on le sait, il s'est tout entier transformé en instruction civique à grands coups de « films courageux et nécessaires » couleur de muraille pour dénoncer-les-injustices-et-rendre-le-monde-meilleur. Tant de bons sentiments conforteraient grandement Landru dans son style de vie. Alors profitons ensemble de cette carte blanche qui m'est donnée pour célébrer la charogne avec quatre films vivants qui ne se posaient pas la question populiste de leur « utilité ». Quatre films qui s'efforcent de faire comprendre aux spectateurs ce qu'ils s'efforcent de ne pas leur dire. Quatre manifestes irrationnels, donc lucides, qui se libèrent d'emblée des bons sentiments et en cours de route des conventions dramatiques pour rendre chaque seconde sur l'écran intense, jubilatoire ou terrible – ou les trois à la fois. Je défie quiconque de trouver une séquence prévisible dans chacun des quatre. J'irais même plus loin : de trouver un changement de plan prévisible. Et cet art-là, s'il n'est pas insurrectionnel et politique, qu'est-ce que c'est alors ? » Cédric Anger

Cédric Anger est cinéaste : Le Tueur (2007), L'Avocat (2011), La Prochaine fois je viserai le cœur (2014), L'Amour est une fête (2018). Ses quatre longs métrages relèvent du genre policier même si chacun d'entre eux semble vouloir excéder sa classification et le dernier en date s'en affranchir même ouvertement. Le genre d'accord, mais idéalement inclassable. C'est un cinéma d'acteurs français mais comme vus par un cinéaste américain : Gilbert Melki, Benoît Magimel, Guillaume Canet, Gilles Lelouche..., autant de présences mémorables et d'interprétations puissantes. Critique aux Cahiers du cinéma dans les années 1990, Cédric Anger est aussi scénariste, entre autres de films de Xavier Beauvois et d'André Téchiné.

Parlons cinéma

À l'occasion de chaque programme, la Cinémathèque invite une personnalité à programmer quelques séances pour parler des « films de sa vie ». À chaque séance, projection d'un film, suivie d'une intervention de l'invité et d'un dialogue avec les spectateurs.

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