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Des vies aventureuses

C’est une des figures les plus secrètes, du moins les plus discrètes du cinéma français. Jacques Perrin occupe néanmoins une place centrale, celle de producteur de films ambitieux, qui nécessitent des moyens techniques importants, des recherches scientifiques, des voyages à travers le monde, mais surtout du temps.

La liste est longue : Le Peuple singe (Gérard Vienne, 1989), Microcosmos (Claude Nuridsany et Marie Pérennou, 1996), Himalaya, l’enfance d’un chef (Eric Valli, 1999), Le Peuple migrateur (Jacques Perrin, Jacques Cluzaud et Michel Debats, 2001), Océans en 2009. Sans oublier Les Choristes de Christophe Baratier (2003). Chaque film qu’il produit est un risque, une aventure. Le mot producteur est trop limitatif pour décrire cette passion qui l’anime. Entrepreneur conviendrait mieux. La Cinémathèque française lui rend hommage en montrant un certain nombre de films qui jalonnent son itinéraire, un des plus passionnants du cinéma français. Celui d’un jeune premier du cinéma devenu producteur par nécessité, puis par passion, celle aussi d’un réalisateur. Un homme de passion et de curiosité.

Débuts

Né le 13 juillet 1941, Jacques Perrin (de son vrai nom Simonet) est un enfant de la balle. Il quitte l’école à 14 ans, le certificat d’études en poche, fasciné par le théâtre. Son père, régisseur à la Comédie-Française, terminera sa carrière comme souffleur au TNP de Jean Vilar. Sa mère est actrice, grande lectrice et liseuse de poésie. Acteur occasionnel, livreur, aide radio télétypiste, il fréquente les salles de cinéma du Quartier latin, et surtout l’Alcazar à Asnières, la ville où il habite, animée par Jean Lescure, intellectuel et poète, longtemps considéré comme le pape de l’Art et Essai. À 14 ans, il joue au théâtre de la Porte Saint-Martin dans une pièce de Marc-Gilbert Sauvageon, La Gueule du loup, avec Simone Renant et Yves Vincent, mise en scène par Antoine Balpêtré, à qui il doit cette passion du théâtre. Plus tard, au Théâtre Sarah Bernhardt, il interprète un petit rôle dans César et Cléopâtre, de George Bernard Shaw, avec Jean Marais, Bernard Noël, Françoise Spira et… Jean-Paul Belmondo. Avec Eva, l’une de ses deux sœurs, il entre au Conservatoire où il ne reste que sept mois, ne tenant pas en place et préférant la vie de bohême.

Ses débuts au cinéma sont miraculeux. Valerio Zurlini le remarque au théâtre dans une pièce, L’Année du Bac et lui fait faire des essais à Rome, qu’il juge concluants. Il sera le jeune Lorenzo aux côtés de la belle Claudia Cardinale dans La Fille à la valise, tourné en 1959. Jacques Perrin n’est âgé que de 18 ans. L’année suivante, le même Zurlini l’engage aux côtés de Marcello Mastroianni dans Journal intime/Cronaca familiare, qui obtint le Lion d’or à Venise. Au même moment la Nouvelle Vague déferle en France, tandis que Jacques Perrin poursuit une carrière italienne marquée par d’autres films : La Corruption de Maura Bolognini (1963) et Un homme à moitié de Vittorio de Seta (1965). Lors de son retour en France, Georges de Beauregard lui présente Pierre Schoendoerfferr, qui prépare le tournage de La 317e section. Schoendoerfferr le trouve trop jeune et lui demande de perdre quelques kilos. Ce n’est rien à côté des difficultés qui attendront le tournage, au Cambodge, à la frontière du Laos et du Vietnam. C’est la force et la beauté du film de restituer cette atmosphère de moiteur, dans la jungle et sous la mousson, avec ce bataillon mené par le Sous-lieutenant Torrens, secondé par l’adjudant Willsdorf (Bruno Crémer), vers les collines de Dien Bien Phu. Un grand film sur la défaite militaire. Jacques Perrin retrouvera Schoendoerfferr dans deux films : Le Crabe-tambour (1977) et L*’Honneur d’un capitaine* (1982).

Une carrière de producteur

Entre-temps il y aura Z de Costa-Gavras. C’est la troisième fois que Jacques Perrin tourne sous la direction de Costa-Gavras, après Compartiment tueurs et Un homme de trop. Dans Z, il joue le rôle du journaliste photographe intrépide et curieux qui, parallèlement au juge interprété par Trintignant, mène l’enquête sur l’assassinat du député progressiste interprété par Yves Montand. Jacques Perrin se propose de produire le film (refusé par de nombreux producteurs) et trouvera en Algérie les moyens à peine suffisants pour le faire. Il bénéficie de l’appui d’Hercule Muchielli, patron de Valoria Films, distributeur à succès de La Grande vadrouille, qui offre un minimum garanti. Z marque le début de la carrière de producteur de Jacques Perrin, qui n’a pas encore 30 ans. Cette relation de fidélité entre Jacques Perrin et Costa-Gavras se poursuit à travers deux autres films, État de siège (1973) et S*ection spéciale* (1974).

Une carrière d’acteur est faite de rencontres, souvent hasardeuses. Celle avec Jacques Demy se place sous le signe de l’étrange. Demy lui propose d’interpréter Maxence dans Les Demoiselles de Rochefort : « Pourquoi moi ? Je ne savais ni chanter ni danser. A la lecture du scénario, je lis que Maxence a les cheveux blonds. J’étais brun ! Est-ce que Jacques Demy ne se serait pas trompé ? La veille du premier jour de tournage, la coiffeuse du salon de coiffure de la grand place de Rochefort me trempe la tête une demi-heure dans de l’eau oxygénée. J’en ressors avec des cheveux couleur blé avec quelques nuances virant au bleu. Jacques Demy, ravi, me dit : ‹ C’est exactement ça ! ›. Ok, j’étais Maxence ». Ensuite, il y aura Peau d’âne, le rôle du Prince dans ce film culte. Et si Jacques Perrin était resté un prince ?

Serge Toubiana

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