George Armitage

Le 29 juillet 2022

Né en 1942, George Armitage, cinéaste trop méconnu et trop rare, fait ses débuts dans l'écurie Roger Corman dont on sait à quel point elle fut le vivier de nombreux talents de cette génération qui renouvela Hollywood à la fin des années 1960. Il écrit notamment le scénario du manifeste psychédélique Gas.s.s.s réalisé par Corman lui-même. Son premier long métrage, en 1971, sera un film d'infirmières sexy, Private Duty Nurses, sous genre prisé du célèbre producteur. Le suivant, l'année d'après, sera un film typique de ce que l'on a appelé la Blaxploitation, Hitman le créole de Harlem, transposition dans la communauté noire du chef-d'œuvre de Mike Hodges, Get Carter.

Réalisé en 1976, produit par Gene Corman, Vigilante Force reprend un thème alors en vogue dans le cinéma américain, celui de la justice personnelle, pour en livrer une véritable vision critique. Démuni face à la violence qui s'est emparé de sa ville, un jeune shérif (Jan Michael Vincent au sommet de sa forme) fait appel à un gang de vétérans du Vietnam dirigé par son frère (Kris Kristofferson) pour rétablir l'ordre. Le remède s'avèrera pire que le mal. Le film décrit une spirale de violence qui est aussi une réflexion sur le rapport entre la Loi et la justice, la fin de la Frontière, le « vigilantism » comme schizophrénie américaine. La mise en scène du film, remarquable de précision et d'efficacité, révèle tout à la fois le caractère fascinant et spectaculaire tout autant que l'inhumanité barbare de la violence.

Miami Blues (ou Le Flic de Miami), tourné quinze ans après Vigilante Force, est l'adaptation d'un roman de Charles Willeford, excellent écrivain célèbre pour ses récits policiers se situant à Miami. Il met en scène un trio de personnages inhabituels, voire excentriques, tous remarquablement interprétés : celui d'un policier bourru et édenté (Fred Ward), d'un voleur et escroc compulsif (Alec Baldwin) et d'une naïve prostituée (Jennifer Jason-Leigh, absolument géniale). Les conventions du genre s'y effacent devant la profonde humanité de personnages attachants et maudits à la fois.

Jean-François Rauger

Cinéma bis

Doubles programmes de série B ou Z, péplums, films d’horreur, westerns italien, films d’arts martiaux hongkongais, giallo transalpin, science-fiction bon marché, ou délires érotiques. 

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