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12 comédies musicales incontournables

27 mai 2020

Magie et frénésie, couleurs éclatantes, lien indéfectible entre un réalisateur et son compositeur. Mélodrames, passion, pour la danse et pour la vie. Des films qui exaltent la famille, les amours naissantes, la fougue de la jeunesse, une joie qui transparaît à l'écran. Des films souvent devenus cultes, reflets de leurs époques, hommage au cinéma...
Voici douze comédies musicales choisies dans la plus grande subjectivité, pour avoir des fourmis dans les jambes.

Le Chant du Missouri / Meet Me in St. Louis (Vincente Minnelli, 1944)

Le Chant du Missouri

Chronique familiale qui s'étend sur quatre saisons, Le Chant du Missouri, première réalisation majeure de Vincente Minnelli, suit, en 1903, le destin de la famille Smith à l'aube d'un potentiel déménagement de Saint-Louis, Missouri, vers New York. Sous le vernis pimpant de ses couleurs chatoyantes, le film, sorti en 1944, est tout autant l'évocation attendrie d'une Amérique de cocagne perdue que la manifestation d'un désir profond de repli sur soi contre la modernité brutale d'un monde hostile. Un petit bonbon, oui, mais au cœur aigre.


Chantons sous la pluie / Singin' in the Rain (Stanley Donen et Gene Kelly, 1952)

Chantons sous la pluie

Monument incontournable du genre, avec aux manettes le tandem Kelly-Donen, et le producteur et parolier Arthur Freed. La fine fleur de la MGM revient avec nostalgie sur une époque bénie de l'âge d'or d'Hollywood, quand le cinéma s'est mis à parler, et à chanter. Révolution sur les plateaux au temps des années folles, « The show must go on ! ». Deux stars du muet, couple créé de toute pièce par leur studio, tournent leur premier talkie. Gene Kelly incarne l'acteur qui succombe au charme de la jeune débutante, Debbie Reynolds, venue doubler la vedette féminine à l'insupportable voix. Au répertoire, standards, pirouettes, claquettes et chorégraphies vivifiantes – mention spéciale au mythique solo sous la pluie et au numéro de Cyd Charisse en femme fatale. Un hommage aux artifices de l'usine à rêve dans un torrent de couleurs Technicolor et de démesure hollywoodienne. Un feel good movie essentiel.


Brigadoon (Vincente Minnelli, 1954)

Brigadoon

En voyage en Écosse, Tommy, utopique New-Yorkais, découvre un lieu mystérieux ne figurant sur aucune carte. Un village au charme d'antan, nommé Brigadoon. Victime d'une malédiction, ou d'un miracle, celui-ci n'apparaît qu'une journée tous les 100 ans avant de replonger dans un long sommeil. Tommy y fait la rencontre de la belle Fiona... Une comédie musicale idéale pour les doux rêveurs, les amoureux de folklore écossais, de danses traditionnelles et de paysages au charme bucolique. Il ne faut pas être contre un soupçon de kitsch, non plus, mais c'est ce qui fait toute la magie de cette parenthèse enchantée. Avec Brigadoon, on glisse dans les brumes envoûtantes d'un monde merveilleux et hors du temps


West Side Story (Robert Wise et Jerome Robbins, 1961)

West Side Story

1957 : la comédie musicale West Side Story s'installe à Broadway. Succès immédiat, éclatant, près de 800 représentations, qui donnent naturellement des idées aux producteurs de cinéma. 1961 : Robert Wise, secondé par Jerome Robbins pour les séquences dansées, adapte au grand écran cette version moderne de Romeo et Juliette dans un New York contemporain et cosmopolite. En lieu et place des Montaigu et Capulet, deux gangs rivaux, les Jets, issus de la diaspora européenne, et les Sharks, qui représentent la communauté portoricaine. Les jeunes désœuvrés s'affrontent autour des amours contrariées de Tony et Maria. Le drame n'est pas loin. Racisme, rivalités ethniques, jeunesse délinquante et mythe du rêve américain égratigné, autant de thèmes abordés sans détour. Les chorégraphies millimétrées épousent parfaitement la partition magistrale de Leonard Bernstein et ses morceaux de roi (I Feel Pretty, America, Tonight...). En vedette, Natalie Wood, mais aussi George Chakiris et ses entrechats, qui tenait déjà le rôle au théâtre. Tourné en studio, West Side Story dévoile des trouvailles de réalisation (une scène éclairée avec des phares de voiture) et un subtil travail sur la couleur, Maria en blanc immaculé, Maria en rouge passion. Résultat : 10 Oscars, dont celui du meilleur film. Un mythe du genre qui a traversé les générations, en attendant le remake tourné par Spielberg, prévu pour 2020.


Peau d'âne (Jacques Demy, 1970)

Peau d'âne

Le Peau d'âne de Jacques Demy, relecture du conte de Charles Perrault, invente un monde singulier, où l'esthétique pop des années 60 rencontre la féérie du conte traditionnel, sur les fabuleuses notes de musique du compositeur Michel Legrand. Contrainte d'épouser son père, le Roi bleu (Jean Marais), une princesse (Catherine Deneuve) s'enfuit du château dissimulée sous une peau d'âne. Anonyme parmi le peuple, elle fait la rencontre du prince du royaume voisin (Jacques Perrin), un beau jeune homme passionné en quête d'amour. Décors fantaisistes aux couleurs vives, évoquant les motifs du pop art, détails anachroniques (l'hélicoptère de la scène finale notamment) et musiques aux influences contrastées confèrent à l'adaptation de Jacques Demy une aura intemporelle. Culte et inclassable, Peau d'âne est un ovni du film musical, à la fois merveilleusement baroque et résolument moderne.


The Rocky Horror Picture Show (Jim Sharman, 1975)

Rocky Horror Picture Show

Monument de pop culture occidentale, la comédie musicale créée à Londres en 1973 par Richard O'Brien, et adaptée à l'écran l'année suivante par Jim Sharman, fait un flop à sa sortie aux États-Unis. Entre série B d'épouvante et comédie sexuellement débridée, le film est relégué au rang de midnight movie, programmé lors de séances tardives, moins à même de heurter l'honnête spectateur. Justement, l'audience de minuit en redemande, c'est le coup de foudre. D'irréductibles fans reviennent chaque soir pour reprendre en cœur les répliques et la gestuelle de Riff-Raff et de ses acolytes totalement loufoques, accueillant Brad et Janet, jeunes fiancés coincés, dont la voiture tombe malencontreusement en panne devant le château de l'excentrique Dr Frank-N-Furter. Depuis (et ça fait 45 ans), The Rocky Horror Picture Show, constamment programmé à travers le monde, détient le record de la plus longue sortie en salles de toute l'histoire du cinéma. Un film musical délicieusement déjanté et glam-rock à souhait, qu'on aime revoir et revoir encore. Let's do the time warp again !


Hair (Milos Forman, 1977)

Hair

Milos Forman porte à l'écran la comédie musicale à scandale Hair qu'il avait déjà songé à adapter en 1968. Retour sur l'époque où le cinéaste tchèque venait de s'exiler aux États-Unis, au temps du Flower Power et de la guerre du Vietnam. John Savage, encore imprégné de son précédent film, Voyage au bout de l'enfer, est superbe en fermier tout juste débarqué de l'Oklahoma avant d'être enrôlé. Embarqué par une bande de hippies, il découvre la révolte, la liberté, la drogue et l'amour. La société huppée ou hippie en prend pour son grade, sur fond de chorégraphies parfaites, au rythme de Let The Sunshine In et autres tubes. Spontanée, tonique, drôle et déchirante, la version de Forman s'éloigne de l'originale jusqu'au twist final qui justifie à lui seul de voir le film.


Flashdance (Adrian Lyne, 1983)

Flashdance

« Well, I hear the music, Close my eyes, Feel the rhythm... » Pittsburgh, ville industrielle. Dans la journée, Alex travaille comme soudeuse sur des chantiers. Le soir, elle danse dans un cabaret. Et chez elle, sans répit, elle s'entraîne pour atteindre son rêve, intégrer une école de danse. Justaucorps, modern' jazz, la musique du maître Giorgio Moroder et la voix d'Irene Cara. Le romantisme des années 80, le célèbre numéro de danse avec chaise et douche finale, et Jennifer Beals, vaillante, amoureuse, persévérante et touchante. On a tous au moins mimé une fois ses petits pas d'échauffement, tous fondu pour ses jambières et son pull trop grand, tous tremblé et admiré son culot pendant l'audition finale : « Can I start again ? » Mais oui, plutôt deux fois qu'une. Take your passion... And make it happen !


Footloose (Herbert Ross, 1984)

Footloose

Ben, qui vient d'arriver de Chicago dans la petite ville de Bomont, découvre vite que la musique et la danse y sont interdites par une loi, soutenue par un pasteur réactionnaire et des adultes inflexibles. « Attends d'être à la fac pour faire ton David Bowie » lui dit sa mère. Non, Ben n'attendra pas. Il va devoir lutter pour s'imposer auprès de ses camarades – touchant Chris Penn, tout juste sorti de Rusty James – et surtout montrer à la petite communauté que le rock n'est pas nécessairement synonyme de dépravation ou de perversion sexuelle. L'Amérique profonde et ses mœurs rigides, des ados assoiffés de liberté, une course de tracteurs inspirée par La Fureur de vivre, un générique emblématique. Le doux parfum des années 80, la chanson-titre de Kenny Logins et celle de Bonnie Tyler, I Need A Hero. Et surtout Kevin Bacon, incroyable, avec sa coiffure-hommage à Sting... Un teen movie bourré d'énergie, et devenu culte.


8 femmes (François Ozon, 2001)

8 femmes

8 femmes et un cadavre d'homme dans une demeure bourgeoise isolée. Laquelle a tué le maître de maison ? Rivalités, soupçons et rebondissements, Ozon s'exerce à la comédie musicale sur fond d'intrigue à la Agatha Christie dans un décor nostalgique des années 50, à la veille de Noël. Un whodunnit adapté d'une pièce oubliée, mené par 8 actrices impressionnantes : Virginie Ledoyen, Isabelle Huppert, Catherine Deneuve, Fanny Ardant, Emmanuelle Béart, Danielle Darrieux, Firmine Richard et Ludivine Sagnier. Chacune a sa chanson, autant de reprises d'une variété de tubes empruntés à Marie Laforêt, Françoise Hardy et Sheila, en passant par Nicoletta, Brassens ou Corynne Charby. Ozon signe un Cluedo enchanté à la plastique aussi soignée que colorée et aux dialogues savoureux. Mais aussi une ode aux actrices et au cinéma, ponctuée de clins d'œil cinéphiles.


Devdas (Sanjay Leela Bhansali, 2003)

Devdas

Il y a un « avant » et un « après » Devdas. En 2002, la culture Bollywood n'intéresse que peu de monde en Europe. Et rares sont ceux qui connaissent l'histoire d'amour de ces deux amis d'enfance, Dev et Paro, d'après le roman à succès de Sarat Chandra Chatterjee. Plusieurs fois adapté à l'écran, ce mélodrame est devenu un mythe en Inde, comparable à celui de Roméo et Juliette. La version de Bhansali, présentée hors-compétition au Festival de Cannes, fait l'effet d'une véritable découverte et d'une expérience particulière pour le spectateur. Pendant plus de trois heures, on vibre devant la chorégraphie incessante, à la géométrie impeccable, de centaines d'acteurs et figurants revêtus de somptueux costumes semblant cousus d'or. Les personnages, aux désirs frustrés, déversent des torrents de larmes dans une explosion de couleurs, chantent leurs passions exacerbées sur des nappes de violons flamboyantes, et vont jusqu'à troubler leur auditoire lors d'un duo de danse féminine, figurant la transgression d'un interdit à peine suggéré. Le nouveau Bollywood est né.


La La Land (Damien Chazelle, 2016)

La La Land

Au cœur de Los Angeles, Mia/Emma Stone, actrice en devenir, sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian/Ryan Gosling, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux. En plein embouteillage, Mia rencontre Sebastian, comme une métaphore de l'impasse dans laquelle se trouvent les deux futurs amoureux. Le film commence sur une autoroute, L.A. oblige, avec un plan-séquence chanté et dansé époustouflant : trois mois de préparation ont d'ailleurs été nécessaires pour réaliser cette prise unique. Damien Chazelle donne clairement le ton : son film sera référentiel et audacieux. De quoi combler les amateurs de Chantons sous la pluie, du Chant du Missouri, et de toutes les comédies musicales de l'âge d'or hollywoodien qui collent immanquablement le sourire au coin des lèvres. Mais la cité californienne est moins angélique qu'il n'y paraît et le pressentiment d'une histoire d'amour impossible va rapidement se mêler au merveilleux (coucou Jacques Demy !). En somme, La La Land est fait pour ceux qui goûtent aussi bien la douceur de l'amour que son amertume...


Par la rédaction du service Web & Publications de la Cinémathèque française