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Revue de presse de « Sueurs froides » (Alfred Hitchcock, 1957)

Hélène Lacolomberie - 12 novembre 2019

Il faut passer sur la légère déception de L’Express qui regrette le manque d’humour, sur la réserve de Carrefour face à un film « légèrement académique », et surtout sur la critique de Jeander dans Libération qui n’est à aucun moment rentré dans le film et exprime « son incapacité totale à éprouver cette transpiration hivernale promise par le titre », pour savourer les éloges respectueux que récolte Vertigo à sa sortie.

Sueurs froides

Sueurs froides

Avec Vertigo, Hitchcock livre son film le plus envoûtant. Il est d’une « beauté plastique exceptionnelle. Personne ne photographie avec plus d’art et à la fois plus de discrétion que Hitchcock » s’extasie Carrefour. L’Humanité Dimanche s’attarde sur certains cadrages, « des vues plongeantes d’une virtuosité telle qu’elles réussissent à donner le vertige au spectateur lui-même ». « Par-delà sa perfection photographique, Hitchcock a su magistralement user des décors naturels pour créer une atmosphère » ajoute Les Lettres Françaises. Jean de Baroncelli dans Le Monde salue une « maîtrise éclatante », et Claude Mauriac dans Le Figaro Littéraire rend hommage à la couleur, « un des attraits de ce film (…) toujours utilisée avec art ». Le tout confère à Vertigo une atmosphère poétique, troublante, et le spectateur en arrive doucement à croire aux hypothèses fantastiques que lui soumet Hitchcock.

Hypnotique, c’est le maître-mot que la critique reprend pour décrire le charme lancinant qui se dégage du film. « Hitchcock sait à merveille créer l’atmosphère pesante, morbide, nécessaire, et utiliser autant les dialogues que les silences, un détail de l’action, pour créer le suspense » admire L’Humanité Dimanche. Et Combat se délecte du « long envoûtement » ressenti au long de la projection. Une fois encore, Hitchcock développe avec brio ses thèmes favoris : « la responsabilité, l’échange, les jeux dangereux, le chemin qu’il faut refaire deux fois reparaissent et s’entrecroisent en subtils méandres » note Éducation Nationale.

Sous couvert de présenter une intrigue diabolique à suspense, Vertigo est en fait un beau portrait d’homme en filigrane, et permet à Hitchcock de dérouler une somptueuse spirale amoureuse. Le réalisateur s’est appuyé comme souvent sur une partition magistrale de Bernard Herrmann, et sur une distribution étincelante que Le Monde détaille avec bonheur : « Un James Stewart tout à tour spirituel, charmant, horrifié, passionné ; une Kim Novak qui exprime en grande comédienne toutes les nuances d’un rôle étrangement complexe. Sans oublier Barbara Bel Geddes qui joue avec une rare fantaisie un rôle de confidente ».

Tous les éléments sont là, qui constituent un véritable chef d’œuvre, et Le Canard Enchaîné ne s’y est pas trompé, en déclarant que « le Maître du suspense a réussi un de ses meilleurs films ».


Hélène Lacolomberie est chargée de production web à la Cinémathèque française.